Centrafrique, l’imbroglio Boris Becker

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L’affaire Boris Becker, à qui la Centrafrique a délivré un passeport diplomatique,  a révélé au plein jour un pays qui pose problème à sa population, à la sous-Région et aux partenaires internationaux

La situation de la Centrafrique, la voici: la population est martyrisée par des bandes armées sans foi ni loi. Les pays de la sous-Région en subissent les dommages collatéraux qui commencent à les déstabiliser. Enfin les États du G5 (ONU, Ua, Ue, EU et France) ont peu apprécié les initiatives du président Touadera, qui agit désormais comme un autocrate avec son entourage.

Les accords secrets du président Touadera et de son directeur de cabinet, Firmin Ngebada, notamment avec la Russie, ont révélé la personnalité de ce président qui ne cesse de jouer un double jeu.

Qui ment ?
Boris Becker, l’ex star du tennis mondial qui pose avec le Président Touadera, à Bruxelles le 29 avril 2018, a bien reçu un passeport diplomatique centrafricain, sans nul doute un faux document comme il en existe une petite centaine. Comme l’ambassadeur centrafricain, Daniel Dede Emery l’a publiquement déclaré, ce « passeport diplomatique » a bien été remis à l’intéressé pour accomplir la mission d’attaché pour les affaires humanitaires, culturelles et sportives auprès de l’Union européenne. Le président Touadera ne s’était-il pas félicité du recrutement de cette « star mondiale » pour promouvoir les intérêts de la Centrafrique auprès de l’Union européenne. Pourtant, le ministère des Affaires étrangères centrafricain tombe des nues avec ce document attribué à une personne inquiétée de toutes parts par la justice de plusieurs pays européens et qui ne parle pas la langue française.
Les « Patriotes » à la manoeuvre
Il est manifeste, comme pour les accords avec la Russie, que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères n’ont pas été consulté pour un tel recrutement ubuesque. Évidemment, les proches du président Touadera vont probablement faire porter le chapeau à des boucs émissaires. Ils en ont pris la fâcheuse et très inquiétante habitude. N’ont-Ils pas porté des accusations contre les principaux leaders de l’opposition afin de les réduire au silence. N’ont-Ils pas fait taire plusieurs médias en reprenant en main le Haut Conseil de la Communication ? RFI et France 24 ont reçu des avertissements qui préfigurent leur départ. Deux Français sont accusés d’avoir instrumentalisé la tuerie dans l’église Fatima ayant fait une vingtaine de victimes, alors que l’un d’entr’eux reste inconnu et que l’autre nie farouchement et ne cache pas qu’il était plutôt en affaire avec un proche du président Touadera chargé d’une entreprise de sécurité. Le bouc émissaire était parfait pour les conseillers russes du président.
Le Beckergate fragilise le pouvoir de Bangui
A Bangui, l’atmosphère au Palais de la Renaissance est de plus en plus pesante. Dans ce cercle de prédateurs confirmés et de courtisans véreux tout le monde est soupçonné. Il en est ainsi en Centrafrique, lorsque le pouvoir vacille. En juin 2012, le limogeage du tout puissant ministre Sylvain Ndoutingai avait été le signal de la zizanie au sein des proches du tandem Bozize-Touadera et le début de la formation de l’ex-Séleka. Un air de déjà-vu est perceptible actuellement dans la république de Bangui.
L’affaire Boris Becker aura peut-être été le révélateur de ce qui se passe réellement en Centrafrique et la fin de la politique de l’autruche de la France et de l’ONU.
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