GABON : ALI BONGO MAITRE (ABSOLU) DU JEU POLITIQUE

Fragilisé par l’élection présidentielle de 2016 et son score « mathématiquement impossible à obtenir» et surtout par la sanglante répression qui s’en est suivi, Ali Bongo voit par l’organisation des élections législatives doublées des élections locales non pas un retour en grâce auprès de populations, mais une reprise en main du jeu politique, parant par la même occasion sa junte militaire des oripeaux d’un fausse démocratie.

Les élections législatives doublées de locales qui se déroulent au Gabon constituent à n’en point douter « la consécration » d’Ali Bongo, non pas comme dirigeant éclairé, bâtisseur, soucieux du bien-être du peuple gabonais mais plutôt comme maître du jeu politique au Gabon. L’organisation de ces élections a pris deux ans de retard au regard des dispositions constitutionnelles du Gabon. Ce retard a privé le Gabon depuis le 30 avril 2018 de son assemblée nationale (certes dominée à plus de 90% par le Parti Démocratique Gabonais, au pouvoir depuis 1968…) et poussé à la démission le gouvernement d’Emmanuel Isozet Ngondet (immédiatement reconduit dans ses ses fonctions). En réalité, il a fallu deux années à Ali Bongo pour apaiser les esprits et appliquer les vieilles recettes de son père Omar Bongo qui – il faut le reconnaître – fonctionnent toujours au grand dam de 80% de la population gabonaise.

L’OPPOSITION PARTANTE

En dehors de Jean Ping qui refuse toujours tout dialogue avec lui, Ali Bongo a réussi à obtenir le ralliement de l’opposition notamment des figures de proue de l’opposition parmi lesquels se trouvent des soutiens les plus importants de son principal adversaire à l’élection présidentielle de 2016. Après avoir convaincu son ancien et plus efficace pourfendeur Moukagni Iwangou, magistrat de formation, président d’Union et Solidarité, proche de Jean Ping d’entrer au gouvernement en tant que ministre de l’enseignement Supérieur et Michel Menga, ancien partisan d’une démocratisation du choix du candidat du PDG à l’élection présidentielle, membre fondateur du mouvement dissident du PDG, Héritage et Modernité également soutient de Jean Ping. Et surtout après avoir obtenu d’eux comme de tous les ministres « un hommage de lige », c’est à dire une prestation de serment dans laquelle ils jurent – bras droit tendu – fidélité au maître du Gabon, assis devant eux et prenant acte de leur serment par un léger signe de tête se voulant royal. Avant cela, il avait organisé un dialogue politique dans l’enceinte d’un stade de football, dialogue qui avait débouché sur des réformettes et sur la création d’une énième structure chargée d’organiser des élections « transparentes et apaisées » : le Centre Gabonais des Elections (CGE).

Annoncée pour le 6 Octobre 2018, les élections législatives voient la participation des principaux partis politiques de l’opposition pourtant membres de la Coalition pour la Nouvelle République (coalition qui avait soutenu Jean Ping) qui avaient au lendemain de l’élection présidentielle dénoncé

« le coup d’état électoral » et juré qu’ils ne « cautionneraient pas cette nouvelle imposture » de ce « régime aux abois ». Deux ans après il n’est plus du tout question « de coup d’État » ni de « junte » mais de cohabitation avec celui qui hier encore était le « chef de la junte militaro-politque». Il s’agit désormais de contribuer à l’alternance au sommet de l’état en participant à des élections législatives, discours abscons s’il en est.

UN FRANC ÉLECTORAL DE PRES D’UN MILLIARD DE FCFA

Pour garantir le bon déroulement des élections couplés du 6 Octobre 2018, le ministère de l’intérieur du Gabon mets à la disposition des partis politiques ayant au moins 10 candidats dans 5 provinces du Gabon (le pays en compte 9) une subvention d’au moins 21 millions de Francs CFA (31.773 Euros ). Ainsi, le montant total du Franc électoral est de 797.200.000 de Francs CFA (1.206.186 Euros) et les partis politiques qui se taillent la part du lion sont bien sûr le parti au pouvoir, le PDG, avec 96, 9 millions de Francs CFA (146.612 Euros), Les Démocrates (opposition) avec 58, 4 millions de Francs CFA (88.360 Euros), Rassemblement Héritage et Modernité (opposition) avec 57, 3 millions de Francs CFA (86.696 Euros).

DÉBAUCHE DE MOYENS ET CLIENTÉLISME HONTEUX

Alors qu’on parle d’austérité au Gabon et que le gouvernement appelle à « faire des économies », on assiste à une débauche de moyens par le Parti au pouvoir. Chacun de ses 138 candidats mène une « campagne à l’américaine » en distribuant à tout va toutes sortes de gadgets tee-shirts, casquettes, sac à dos. Quant aux meetings, et réunions politiques on y trouve nourriture en abondance et la boisson y coule à flots. Mais le plus honteux est la distribution de vivres aux populations appauvries par les « candidats » du PDG qui n’hésitent pas à qualifier cela de « dons politiques ». On a constaté également de nombreuses distribution d’argent liquide aux « militants » et « sympathisants » donnant parfois lieu à des foires d’empoigne filmées et largement relayées sur les réseaux sociaux. Sans parler des achats de carte d’électeurs pour 30 ou 20.000 Francs CFA ( 45 ou 30 euros) – parfois moins – dans le cadre d’un trafic de cartes d’électeurs en vue de « garantir » l’élection des candidats du parti au pouvoir et de la « majorité pour l’émergence ».

L’OPPOSITION DÉJÀ PERDANTE

Le moins qu’on puisse en dire, c’est que la victoire de l’opposition gabonaise qui a choisi de participer à ces élections couplés d’Octobre 2018 est mathématiquement impossible. Ce, même si le régime gabonais se démocratise en une journée. Pour le cas des législatives, l’opposition peine à présenter des candidats sur la moitié des sièges (il y en a 140) et quand bien même elle remportait tous les sièges, elle n’obtiendrai pas la majorité qualifiée, cohabitation impossible au regard du nombre de candidats de l’opposition..

Il faut également noter que la dernière Réforme de la constitution du Gabon donne en cas de « cohabitation » les pleins pouvoirs à Ali Bongo, transformant de fait le premier Ministre en « simple collaborateur ». Le chef de l’exécutif a tout prévu.

Dans quelques jours, le Gabon aura non pas un gouvernement de cohabitation mais un gouvernement d’ouverture ou de très large ouverture avec peut être un premier ministre issu de l’opposition. Peu après, Ali Bongo, seul maître du jeu, assistera dans son palais de marbre et de dorures près de dix fois plus grand que l’Élysée à l’hommage de lige de son nouveau gouvernement. On peut présager que ce jour là Ali Bongo, vrai-faux monarque sûr de sa puissance sera assis placide, dans un fauteuil de velours rouge chargé de dorures et frappé au armoiries du Gabon. Après tout, il a toujours voulu être roi du Gabon.

Centrafrique : l’échec personnel d’Ali Bongo, chef de la junte du Gabon

Présente en république Centrafricaine depuis 1997, l’armée gabonaise doit se retirer en juin 2018. Retrait confirmé par le Gabon qui le justifie  par les avancées du processus de paix. Mais selon plusieurs sources onusiennes, les soldats gabonais sont impliqués dans plusieurs scandales sexuels et disposent d’un équipement qui ne répond plus aux normes de l’ONU. Un échec personnel pour Ali Bongo qui est en charge de la défense du Gabon depuis 1998…

L’armée gabonaise s’est  engagée dès  Janvier 1997 en République Centrafricaine dans la coalition africaine  dénommée  Mission Inter Africaine de Surveillance des Accords de Bangui (MISAB) qui avait pour objectif de  pour ramener la paix en Centrafrique suite aux mutineries violentes  qui avaient ébranlé le pouvoir du président centrafricain Ange Félix Patassé. Cet engagement du Gabon  s’est fait aux cotés de plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’ouest : Le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Togo et le Tchad. Très actif sur le plan diplomatique, le Gabon a obtenu le commandement de cette coalition et c’est le général  Déjo Edouard Nkili, formé à l’école de Guerre de Paris, qui est désigné par Libreville  pour commander (à noter que trois des quatre dirigeants de cette coalition sont des officiers généraux gabonais). Après un an d’activité, la MISAB est remplacée par la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (MINURCA) le 15 Avril 1998. Le Gabon y maintient ses troupes et se voit même confier le commandement de la mission onusienne en la personne du général Barthélémy Ratanga, lui aussi diplômé de l’école de guerre de Paris.

Ali Bongo, ministre de la défense du Gabon

Sur un plan purement gabonais, la même année, plus précisément en novembre 1998, a lieu la deuxième élection pluraliste de l’histoire du Gabon. Sans grande surprise et sans coup férir, Omar Bongo au pouvoir depuis 1967 est déclaré vainqueur avec 66,90% des suffrages. Omar Bongo nomme son fils aîné Ali Bongo – dauphin déclaré depuis le projet royal avorté de 1986  – ministre de la défense. Il confie à son fils deux missions : d’une part, réorganiser la troupe pour s’assurer de vieux jours  et une fin de règne paisible ; d’autre part, veiller que la troupe se trouve du « bon coté » au moment de « la succession » pour qu’Ali accède au pouvoir, si possible sans troubles majeurs. Ali Bongo résume son projet de réforme de l’armée gabonaise (concocté par Gervais Oniane, universitaire formé au Canada, tombé depuis en disgrâce) en un concept dénommé « armée en  OR » c’est-à-dire Opérationnelle et Républicaine.

« L’armée en OR » d’Ali Bongo

En tant que ministre de la défense, Ali Bongo affiche une politique volontariste. A tout le moins il le dit à qui veut bien l’entendre. Mais hormis les officiers qui sont choyés depuis le passage de son père au ministère de la défense dans les années 60, les soldats gabonais n’ont pas des conditions de vie agréables, et même lorsqu’ils  vivent en caserne on ne peut pas dire que celles-ci soient salubres. Pis encore, pour ceux qui se trouvent à l’intérieur du pays ! Quant à l’augmentation de la qualité de vie du soldat gabonais, prière de repasser. Malgré tout, Ali Bongo recrute à tout va, offrant à tous les jeunes éjectés du système scolaire gabonais (3000 chaque année pour un pays de près de 2 millions d’habitants !), un travail et un salaire en échange d’une reconnaissance éternelle  qui se traduit  par un soutien sans faille. Si on  regarde de plus près les « réalisations » d’Ali Bongo comme ministre de la défense, on se rend compte  que celles-ci sont très régulièrement liées à des « affaires ». C’est le cas de l’achat d’avions de chasse de type Mirage F1 AZ d’occasion à l’Afrique du Sud. Ces avions de chasse sont jugés  » trop coûteux » pour des avions d’occasion  par le ministre des finances qui ira même jusqu’à bloquer les achats de son collègue bien prodigue.  S’agissant des  uniformes, si un contrat est passé avec la société française Marck, les soldats eux ne sont pas correctement vêtus et les dotations ne sont pas suffisantes (ils sont parfois obligés d’acheter eux-mêmes des uniformes) tant et si bien qu’il suffit de faire le tour des principaux carrefours de Libreville pour voir des éléments des forces de défense avec des uniformes délavés et souvent hétéroclites provenant de…l’armée française ! Ce contrat avec l’équipementier Mark a d’ailleurs donné lieu à une impressionnante et très médiatique affaire de corruption via des rétro-commissions impliquant un proche collaborateur d’Ali Bongo au ministère de la défense, (et plus tard à la présidence de la République en tant que directeur de cabinet)  Meixant Accrombessi. Malgré sa mise en examen en France, Meixant Accrombessi est toujours proche d’Ali Bongo et est à ce jour son représentant personnel.

Pour faire bonne mesure, il y a aussi des éléphants blancs dont le plus emblématique est l’école de Formation des officiers d’active de Mandilou, non loin de Fougamou dans la province de la Ngounié. Cette école militaire construite par le controversé homme d’affaires Guido Santullo (accusé par l’état gabonais de surfacturation en complicité avec des hauts cadres gabonais !) et livrée sans eau ni électricité malgré son inauguration en 2015 par Ali Bongo lui-même ! A ce jour, cette école est devenue un éléphant blanc et aura coûté au Gabon pas moins de 27 milliards de Francs CFA soit 41,16 millions d’euros.

Quant aux  capacités opérationnelles de l’armée gabonaise à l’ère d’Ali Bongo, on est en droit de se demander ce qu’il en est exactement. Ce que l’on sait en revanche, c’est que cette armée l’a aidé à se hisser au pouvoir et l’aide à se maintenir faisant de son régime une junte militaire dirigée par des civils.

Une armée au service du régime Bongo

A la mort d’Omar Bongo en 2009, l’armée assure à Ali Bongo son soutient total. Tant et si bien qu’il  décide unilatéralement de fermer les frontières lors d’une allocution télévisée sur la première chaîne. Poussé à la démission en Août 2009, Ali Bongo reste le véritable patron de l’armée qui régulièrement prend des ordres chez lui via des officiers supérieurs. A la proclamation des résultats officiels qui le donnent vainqueur, l’armée réprime sans ménagement à Libreville et à Port Gentil  et le soir même alors qu’il n’est pas encore entré en fonction, il se rend au palais présidentiel où il remercie les militaires pour leur soutien tout en leur intimant l’ordre de mater sans ménagement ceux qui contestent son pouvoir. A Port Gentil où la contestation est forte, l’armée tue méthodiquement et organise même des « vols de la morts » en jetant dans l’océan atlantique les corps lestées de leurs victimes.

Ali Bongo est en tant que président de la république gabonaise, le chef suprême des armées, s’il procède à des recrutements massifs, on ne peut pas dire qu’il a fait de l’armée gabonaise une armée opérationnelle bien au contraire ! La qualité de vie du soldat gabonais est toujours aussi médiocre. Pendant ce temps, Ali Bongo se déguise en  « général d’armée » avec un bâton de commandement et ne dédaigne pas de se montrer proche de ses hommes au point de danser avec eux.

Lors de l’élection présidentielle d’ Août 2016, l’armée affiche clairement son soutien à Ali Bongo. Les militaires se rendent en treillis dans des camions de l’armée aux meetings d’Ali Bongo, elle colle les affiches du candidat Ali Bongo et le moment venu elle massacre allègrement les partisans de Jean Ping à son quartier général, selon certains témoins en présence d’Ali Bongo lui-même. Comme en 2009, mais avec plus de précision et de méthode, l’armée (épaulée par la police) organise des « caravanes de la mort » en tuant sans ménagement et en organisant des disparitions forcées.

Il faut également noter que le Gabon est un pays extrêmement militarisé. En 2017, le pays possédait une armée de 21849 hommes pour une population d’1,7 millions d’habitants soit un militaire pour 72 gabonais! S’il  faut établir une  comparaison avec le  personnel de santé on se rend compte que les militaires sont trois fois plus nombreux ( il y a 12301 personnels de santé, soit un personnel de santé pour 142 Gabonais)!

 

L’échec personnel et cuisant d’Ali Bongo

Ali Bongo a promis une armée opérationnelle et républicaine en 1998.  Vingt ans après, le verdict est sans appel : il a échoué lamentablement. Si pour l’aspect républicain on était obligé dès le départ de ne pas y croire, car personne de sérieusement structuré intellectuellement ne pouvait voir en ce fervent partisan de la monarchie absolue au Gabon, un défenseur de la république et de ses valeurs. Pour l’aspect opérationnel, le renvoi du contingent gabonais de la mission de l’ONU déguisé en retrait,  n’est que l’échec de la politique de défense prônée par Ali Bongo depuis 20 ans (doublé d’un échec diplomatique majeur). Les casques bleus gabonais ont été impliqués en Centrafrique dans des affaires de viols et d’exploitations sexuelles souvent sur mineur.e.s. Le Gabon  fait surtout face à des difficultés pour équiper correctement son contingent onusien  afin de le hisser aux standards exigés par l’ONU. Pourtant, le Gabon via son gouvernement avait cherché à éviter cette déconvenue en signant un contrat  en 2014 avec SGR et Nexter pour remettre les troupes gabonaises en Centrafrique au niveau requis par l’ONU. Finalement, ce contrat ne s’est jamais concrétisé, on peut  toujours se demander pourquoi.

 

Gabon : magistrate de haut vol au service du clan Bongo

Selon les révélations du « Canard Enchainé », Marie Madeleine Mborantsuo, la présidente de la cour constitutionnelle du Gabon fait l’objet d’une enquête par le parquet financier depuis trois ans. Elle est soupçonnée notamment de détournements de fonds publics et blanchiment en bande organisée ce qui ne l’a pas empêchée d’être décorée par la cour d’assises de Paris… Mondafrique revient sur certains états de services de la patronne de la cour constitutionnelle.

Marie Madeleine Mborantsuo est sans doute la femme la plus puissante du Gabon. Magistrate de formation, docteur en Droit public de l’Université d’Aix, passée par la Sorbonne, cette dame qui fut autrefois également une reine de beauté (Elle fut Miss Franceville, Capitale du Haut Ogooué) et une maitresse attitrée d’Omar Bongo (avec qui elle a deux enfants) trône au poste de présidente de la cour constitutionnelle depuis sa création en 1991 il y a 26 ans. Continuer la lecture de « Gabon : magistrate de haut vol au service du clan Bongo »

Emmanuel Macron, nouvel « ami » d’Ali Bongo

Les dirigeants africains sont friands de relations « familiales » avec les dirigeants français. On se souvient encore d’un Bokassa qui appelait Charles de Gaulle « papa » et d’un De Gaulle qui appelait Bokassa tout aussi chaleureusement « le soudard », « le couillon » ou encore « le cinglé ». On se souvient également du même Bokassa dont Valéry Giscard d’Estaing était « le Cher Parent » et d’un Jacques Chirac « ami très cher » d’Omar Bongo et de Mobutu Sese Seko. Aujourd’hui cette merveilleuse tradition se perpétue avec une dernière merveille en date : l’amitié entre Emmanuel Macron et Ali Bongo.

On savait Emmanuel Macron et Ali Bongo particulièrement pas très proches. De l’avis de connaisseurs de la politique française, il n’a jamais été question d’amitié entre le fils ainé d’Omar Bongo plus connu pour ses activités musicales (Lorsqu’Ali Bongo a publié son premier Album A brand new man avec l’orchestre de James Brown en 1978, Emmanuel Macron avait un an !) aux résultats décevants malgré des moyens publics colossaux investis et Emmanuel Macron, bourgeois français, technocrate brillant au parcours impeccable et la carrière plus que remarquable. Mais à en croire Ali Bongo qui revendique une amitié avec Emmanuel Macron, on s’était trompé. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron, nouvel « ami » d’Ali Bongo »