Le retour du bras droit de Khadafi, Bachir Saleh

Début juin, de nombreux notables du Fezzan se sont réunis dans la petite vile de Traghan à l'appel de Bachir Saleh, l'ancien directeur de cabinet du colonel Kadhafi qui réside aujourd'hui en Afrique du Sud.

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Chefs de tribus, personnalités civiles et militaires du Fezzan… Ils étaient nombreux à s’être réunis les 1er et 2 juin derniers dans la petite ville de Traghan, située dans le sud libyen, non loin de Murzuk. Tous ont répondu à l’appel de Bachir Saleh, l’ancien bras droit du colonel Kadhafi qui, depuis sa résidence sud africaine, a organisé, dans sa région natale libyenne, cette réunion inédite. Son objectif : lancer un appel à la paix en Libye et faire entendre la voix du Fezzan, trop souvent releguée au troisième rang derrière celles de Tripoli et de Tobrouk. Alors même que le sous-sol du Fezzan regorge de pétrole…
La haine appelle la haine

Pour l’occasion, Bachir Saleh a fait lire un discours axé sur la capacité de la Libye à retrouver la paix et sur le refus de la fatalité du conflit. «  La guerre appelle la guerre ; la haine appelle la haine ; la paix et le dialogue sont les solutions. Il ne peut y avoir qu’un Etat de droit, démocratique, qui respecte tous ses citoyens de tous bords, couleur ou religion » a-t-on notamment pu entendre. Avant qu’il ne liste les peuples ayant connu le fléau de la guerre civile tout au long de l’Histoire mais étant parvenu à le surmonter  : Balkans, Angola, Côte d’Ivoire… Sans oublier « le Mali et le Niger, où la Libye a joué un rôle d’intermédiaire ».

A l’issue de ce conclave, une déclaration commune a été rédigée en arabe après avoir été longuement discutée. Elle se compose de quatorze articles dont voici la synthèse :

  1. Si les Fezzanais confirment leur appartenance à l’unité libyenne et refusent toute séparation ou division du pays, ils font néanmoins entendre leur voix et leur spécificité régionale. Ils refusent ainsi « toute réunion, congrès ou conférence concernant la Libye, et spécialement le Fezzan, qui se tient à l’extérieur de la Libye. Et plus encore les réunions qui n’ont pas obtenu l’accord du majliss supérieur du Fezzan (sorte d’assemblée législative locale). Figurent en particulier dans le collimateur des Fezzanais la dernière conférence internationale de Vienne qui a vu, à la mi-mai dernier, les ministres des Affaires étrangères de 21 pays se pencher sur le sort de la Libye. Sans grands résultats sur le terrain d’ailleurs. Les Fezzanais vont même plus loin que pointer l’inneficacité de ces grandes messes. Pour eux, cette conférence de Vienne représente purement et simplement une « destabilisation du Fezzan et une intervention extérieure dans les affaires intérieures de la région. »
  2. Pour mettre un terme au conflit qui ravage la Libye, sortir de l’impasse politique et restaurer l’Etat de droit, l’assemblée fezzanaise réclame la mise en place d’un dialogue inter-libyen direct entre les parties concernées, qui se déroulerait «  sans intermédiaires ». Au sujet de ces «  intermédiaires » visiblement peu appréciés, la déclaration finale mentionne : «  Les Fezzanais savent que cette hémorragie de la Libye par les divers gouvernements qui se sont succédés a engendré un Etat de non droit, sans autorité, et voulu par les organisations financières internationales. »
  3. D’un point de vue militaire, l’assemblée fezzanaise appellent d’une part «  les enfants des tribus à quitter les milices armées afin de revenir à la vie civile ou militaire mais au sein de l’armée régulière. » D’autre part, elle appelle au retour des officiers et soldats afin d’assurer l’autorité de l’Etat et de former un état-major.
  4. Enfin, outre l’appel à tous les Libyens « sans exception » à s’unir pour prendre leur destin en main, les Fezzanais appellent à la libération de tous les prisonniers (« les fils de la Libye ») sans exception ainsi qu’au retour de tous les réfugiés de l’intérieur, comme de l’extérieur, ce qui constituerait un premier pas vers la Réconciliation Nationale.
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