Bouteflika est « maintenu artificiellement en vie »

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L’ancien ambassadeur français à Alger et ex directeur de la DGSE, Bernard Bajolet, a donné vendredi une interview incendiaire au Figaro sur l’état de santé du président Bouteflika.

L’ex-diplomate français qui aura été successivement coordonnateur du renseignement à l’Elysée puis directeur de la DGSE, affirme clairement dans le Figaro que le chef de l’Etat algérien est « maintenu artificiellement en vie »! A Alger, ces propos ont déclenché une véritable bombe. Au Palais de Zeralda, où réside le président, on considère que la moindre allusion à l’état de santé de Bouteflika est un crime de lèse majesté.

Le mirage du « cinquième mandat »

Ces dernières semaines, « Mondafrique » a eu droit à une rafale de critiques de toutes sortes pour avoir indiqué simplement que le président algérien, soigné en Suisse en Septembre, connaissait « un état de santé très grave ». Ce que personne ne conteste en privé à Alger, même si beaucoup en public font mine de croire, en signe d’allégeance au pouvoir, à la possibilité d’un « cinquième mandat » totalement irréaliste.

Le scénario  d’une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la prochaine élection présidentielle en Algérie a tellement peu de sens que que plusieurs membres de la famille du chef de l’Etat, et non des moindres, militent eux aussi contre une telle initiative.

Au fond, Bernard Bajolet a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Mais sur le théâtre d’ombres que constitue aujourd’hui la scène politique algérienne, la déclaration publique, puisée aux meilleures sources du renseignement français,  d’un des meilleurs connaisseurs de l’Algérie à Paris provoque fatalement un véritable coup de tonnerre!

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)