Ali Bongo négocie une visite du Pape au Gabon

Ali Bongo, le chef de l’exécutif gabonais, a rencontré le Pape François à Rome au cours d’une visite au saint-siège. Mondafrique s’intéresse aux retombées espérées par Ali Bongo pour lui et pour son régime.

Par Jocksy Ondo Louemba

C’était une visite de plusieurs jours qui a débuté le 26 avril dernier que le chef de l’exécutif gabonais Ali Bongo a effectuée au Vatican. Si ce voyage diplomatique avait pour objectif avoué le renforcement des relations diplomatiques entre le Vatican et le Gabon. D’autres objectifs étaient également poursuivis.

Très impopulaire, auprès d’une population gabonaise qui ne l’a jamais élu, Ali Bongo, très fortement diminué physiquement depuis son AVC n’a jamais pu retrouver la plénitude de ses moyens physiques. Ce qui a eu pour conséquence de l’inscrire un peu plus dans le cercle très fermé des présidents à vie en exercice au 21e siècle et de ternir un peu plus son image tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Gabon.

Une nonciature apostolique à Libreville

À Rome, Ali Bongo est donc allé chercher le soutien du pape pour améliorer son imagUne  à l’intérieur du Gabon. Pour ce faire, il a demandé au souverain pontife d’ouvrir une nonciature apostolique (l’équivalent d’une ambassade) à Libreville.  Selon l’ambassadeur du Gabon au Vatican, le Gabon entend œuvrer au  progrès de l’Eglise catholique en favorisant « la mise en place de nouveaux diocèses » et  « favoriser l’expression de la foi ». 

Par ailleurs, il a été négocié plus discrètement une visite du Pape François  au Gabon peu avant les élections prévues en août 2023.

Le soutien espéré du Pape pour la Présidentielle

Une visite qui aura principalement pour but de présenter une image plus lisse d’Ali Bongo notamment auprès d’une population gabonaise qui dans son écrasante majorité est chrétienne et tient le pape en grande estime. Il espère aussi une réconciliation avec une communauté catholique très active et qui avait été choquée de voir certains de ses membres maltraités par deux ministres de son gouvernement fin 2020 à propos de la réouverture des églises après le confinement.

Rien ne dit si le pape François ira au Gabon pour apporter – malgré lui? –   à Ali Bongo le soutien qu’il espère tant. Pour l’instant, le seul soutien qu’Ali Bongo a reçu du Pape, c’est lorsque celui-ci l’a parfois aidé au cours de sa visite à se déplacer en lui tenant le bras puis la main.

Ce qui, en soi, n’est déjà pas si mal.

Previous articleÉgypte, la ville du Caire se consume lentement
Next articleL’aveu d’impuissance de la CEDEAO face au juntes militaires
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)