Les Algériens privés de jus de fruit Vitajus

La célèbre marque de jus de fruit Vitajus est en train de disparaitre, victime des déboires conjugaux de son propriétaire

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Vitajus était par le passé une très florissante marque de jus en Algérie. Si prisée qu’elle s’était imposée au début des années 2000, comme la boisson préféré des clubs militaires algériens. Détenus par les frères Belfar originaires de Blida, elle a été revendue en 2015 à Amine Melzi, le fils de de Hamid Melzi, le puissant et richissime directeur de Club-Des-Pins, la résidence d’Etat où logent tous les hauts responsables algériens, pour une somme qui a dépassé les 25 millions d’euros.

Une mariée en or massif

A l’époque,  Amine Melzi était marié avec la fille de la famille Tlemsani, les anciens propriétaires de la laiterie Trefle, l’un des principaux fabricants de Yaourts et produits laitiers en Algérie. Et c’est à la fortune de sa femme qu’Amine Melzi a réussi à rassembler les 25 millions d’euros pour racheter la célèbre marque de jus. Cependant, quelques-mois après cette transaction, la bonne affaire tourne au cauchemar.   Et pour cause, Amine Melzi a fini par divorcer avec sa dulcinée laquelle a décidé, par la suite, d’annuler tous ses investissements avec son ex-mari qu’elle accuse de plusieurs indélicatesses. Les conséquences sur VITAJUS furent terribles puisque toute l’entreprise est paralysée à cause des soucis personnels de ses bailleurs de fonds.

La marque est quasiment indisponible sur les étals des supérettes. Un plan social pour réduire les effectifs des travailleurs a d’ores et déjà été appliqué. Un certain nombre de travailleurs ont été licenciés et d’autres reclassés. Une déconfiture qui a traumatisé de nombreuses familles.

Et dire que tout ce gâchis économique a été causé par le divorce d’un simple fils de haut responsable. Finalement, l’économie en Algérie tient à peu de choses….

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)