Algérie, l’énigme Gaïd Salah

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2007
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Dans les coulisses du pouvoir algérien, la question est ouvertement posée sur l’attitude qu’adoptera le chef d’état major, Gaïd Salah, l’homme fort de la transition, face aux velléités du clan Bouteflika de demeurer au coeur du réacteur.

Depuis le début des manifestations populaires qui ont mis en cause le pouvoir algérien de façon massive, le chef d’état major, Gaïd Salah, est apparu hésitant. De retour des Emirats Arabes Unis, dont il est fort proche, ce général légitimiste, qui a toujours affiché da loyauté vis à vis du président Bouteflika depuis sa nomination en 2004, mettait en garde les manifestants sur les risques de troubles provoqués par les mobilisations de rue. Le lendemain, le message était effacé et le général-major vantait, dans un registre connu, l’unité jamais démentie entre le peuple algérien et son armée.

Une certitude, les forces de l’ordre, dont la gendarmerie placée sous les ordres de l’Etat-Major, n’ont cherché à aucun moment à envenimer la situation sécuritaire et ont adopté une attitude particulièrement responsable face aux foules descendues dans les rues.

A quoi joue le général Gaïd Salah? On connaissait, ces dernières années, l’opposition résolue du chef d’état major à toute succession familiale incarnée par le frère du président Said Bouteflika. Ces derniers temps et après avoir fait un grand ménage au sin des forces sécuritaires, le gradé avait pris des contacts indirects avec plusieurs personnalités politiques comme les anciens Premiers ministres Ali Benflis ou Mouloud Hamrouche.

On s’interroge désormais au sein des milieux dirigeants algériens sur les choix qui seront en définitive ceux d’un Gaid Salah, l’homme fort, par défaut, de la transition actuelle.

Le camp Bouteflika sur la défensive

Le lendemain des manifestations monstres de vendredi 15 mars, le camp présidentiel était apparu divisé. Certes, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, se montrait partisan d’une dissolution de l’APN (Assemblée Populaire Nationale). Cet ancien ministre de l’Intérieur, fidèle d’entre les fidèles, évoquait la nécessité de sacrifier le secrétaire général de l’UGTA, Sidi Said, contesté par la base syndicale pour sa proximité avec le pouvoir. Le Premier ministre envisageait même des mesures judiciaires contre le patron des patrons, Ali Haddad, conspué par la rue pour être un des principaux bénéficiaires, pour son compte ou celui de Said Bouteflika, du pillage de l’état.

Au final, une majorité s’est dégagée au sein du clan Bouteflika, menée par le vice Premier ministre Ramtane Lamamra, pour donner du temps au temps et ne pas griller encore toutes les cartouches supposées disponibles. Résultat, l’entourage du président Bouteflika apparait aujourd’hui comme totalement attentiste, sans ressort ni véritable projet alternatif. Ses principaux soutiens, dont Emmanuel Macron, le président français, en tète de gondole, sont violemment mis en cause par les manifestations qui se multiplient dans tout le pays.

L’hommage de l’armée au peuple

La nature a horreur du vide, Le lundi 18 mars, l’armée a donné de la voix à travers son patron le général Ahmed Gaïd Salah. Un communiqué du ministère de la Défense nationale cite une allocution prononcée, par le patron de l’armée, en marge d’une visite de travail et d’inspection en dans la troisième région militaire. Le vice-ministre de la Défense a tenu à rendre un hommage appuyé à la « profonde conscience populaire » et à saluer le grand sens de patriotisme du peuple et son civisme inégalé.

Ahmed Gaïd Salah a réitéré son « engagement devant Allah, devant le peuple et devant l’histoire », sans la moindre allusion au Président de la République auquel il avait l’habitude de se référer. Encore plus étonnant, le chef d’état-major de l’APN a fait la promesse ferme de trouver «une solution convenable, voire plusieurs » aux problèmes « aussi complexes qu’ils soient ».

Poutine en faiseur de paix

Un signe qui ne trompe pas, le vice Premier ministre, Ramtane Lamamra, qui passe pour être l’homme des Américains et des Français, s’est envolé pour son premier voyage officiel vers la Russie. Histoire, annonce-t-on, de rassurer les amis de Poutine sur les risques de déstabilisation en Algérie, A moins que ce diplomate aguerri dont les ambitions présidentielles sont connues ne soit venu montrer patte blanche en Russie, dont on connait les liens étroits avec un certain Gaïd Salah qui depuis toujours lui commande l’essentiel de ses armements.

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omar
Invité
omar

LES POUVOIRS ALGERIENS : OMBRES CHINOISES , RUSES ET FOURBERIES Notre pays est en effervescence, la rue gronde les pouvoirs menacent, trépignent, hésitent et complotent. Mais que se passe -t-il donc? Pour voir clair, il faut être honnête et franc et appeler les chose par leur noms sans demi mots ni faux semblants. Tout se décide dans l’ombre, le mensonge est roi, les clans se déchirent, le peuple est floué Le problème fondamental de notre pays est ( et reste encore) le système que nous appellerons historique la relation entre les chefs de l’armée et des services et le peuple ou bien plus crument la prévalence du militaire sur le civil et l’intrusion des chefs militaire dans les choix des dirigeants et la gouvernance et leur puissance presque féodale. Commençons par remonter un peu dans le temps du règne des Bouteflika (pas nécessairement trop loin) bien que depuis presque le… Lire la suite »

omar
Invité
omar

Boutef partira mais le système restera
Gaid et ses proches ne savent pas quoi faire pour maintenir le système du moins pour le moment mais ils trouveront ils ont un mois jusqu’au 28 avril
Ils ne veulent pas intervenir maintenant cela fait coup d’état militaire
Le système depuis 1960 ? Le militaire prévaut sur le civil, les chefs de l’armée désignent le président le premier ministre des(les ?) ministres le directeur général des douanes et peut être aussi le directeur de la banque centrale

Slogman
Invité
Slogman

L’armée peut facilement sacrifier Boutef et sa clique. mais elle ne lâchera pas (jamais) ses privilèges exhorbitants !

Combien touche un retraité de l’armée algérienne versus citoyen moyen ?

Slogman
Invité
Slogman

OK KO Ko

Quel projet national ?
Quel est le dénominateur commun à tous les Algériens pour envisager un meilleur avenir ?

Boutef va partir, c’est sûr mais comme tout le monde ne sait pas ce qu’il veut à part de dire des termes simplets comme « Paix « , «  bonheur »…. , on rentre dans les UTOPIES ….

Poutine a aussi été sollicité par Assad après la révolte syrienne et on sait où cela à mener …. car il n’y avait aucun avant – projet national !

koko
Invité
koko

Il faut faire dégager tout le système dans son intégralité,ses relais et ses symboles, de 62 à ce jour et prononcer sa mise à l’écart.Le peuple doit se réapproprier son histoire et réhabilité sa souveraineté.Construire un état de droit en accord avec la déclaration de novembre 54

Meskol
Invité
Meskol

La SEULE Institution capable de veiller sur notre ALGÉRIE