Algérie, l’Elysée ferme la parenthèse Tebboune

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Emmanuel Macron ne croit plus guère au rétablissement du président algérien, Abdelmajid Tebboune, atteint gravement par le Covid et qui  réside pour la deuxième fois dans un hôpital en Allemagne.

Sans crier gare, Emmanuel Macron avait déclaré, dans une interview à « Jeune Afrique » le 20 novembre, qu’il ferait « tout » pour « aider » le courageux président algérien Abdelmadjid Tebboune. Lequel, gravement malade , était soigné pour le Covid lors de son premier séjour en Allemagne. Ces encouragements pour un président sans légitimité désigné par l’armée avaient été fort mal perçus par le peuple algérien.

Surtout un tel soutien était un mauvais présage sur la capacité de survie politique de Tebboune. On se souvient que le président français avait, par un twitte resté dans les mémoires, apporté publiquement sa solidarité avec le Président Bouteflika. Ce dernier, gravement malade et briguait un cinquième mandat improbable.

Quelques jours après cette manifestation de solidarité, les mobilisations populaires de la rue algérienne, baptisées « Hirak », poussaient le chef de l’Etat algérien dehors. Mauvaise pioche !

Profil bas sur l’Algérie

De bonne source, on indique à Mondafrique que les proches conseillers d’Emmanuel Macron ne croient plus guère désormais au rétablissement du président algérien. La page est tournée. Mauvaise pioche à nouveau !

On se montre à l’Elysée fort inquiet sur l’évolution de la situation en Algérie. On le serait à moins. Compte tenu des rebondissements imprévisibles que connait depuis deux ans la vie politique algérienne, la consigne est surtout de jouer profil bas dans les relations avec Alger.

Avant de manifester une prochaine fois sa grande solidarité avec un président algérien proche de la sortie, Emmanuel Macron doit réfléchir à deux fois. MIeux encore, il devrait adopter une position plus équilbrée!

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)