Alger, le patron de la sécurité, Ouassimi Bouazza, toujours en fonction

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Le général Ouassimi Bouazza, le patron de la sécurité intérieure (DSI) dont certaines sources ont annoncé le départ et même l’incarcération, est toujours en fonctions, comme le prouvent les photos que Mondafrique publie ci dessous

Plusieurs sites internet ont annoncé sans preuves la démission du général Ouassimi Bouazza qui aurait été écarté par le chef d’état major, Gaïd Salah, aujourd’hui décédé, pour avoir soutenu un des candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre, Azzedine Mihoubi.

Campagnes de désinformation

Le soutien de plusieurs généraux dont Ouassimi Bouazza au candidat Mihoubi, qui finalement ne sera pas élu à la tète de l’Etat, est incontestable (voir l’enquête de Mondafrique ci dessous). Ce qui vaudra à ce haut gradé une suspension très provisoire de ses fonctions opérationnelles.  » L’institution militaire, après voir hésité, explique un militaire, a fait le choix final de soutenir Tebboune plutôt que Mihoubi. Du coup, il fallait bien qu’un gradé serve de fusible, pour expliquer les scuds qui avaient été lancés contre le nouveau Président durant la campagne électorale. Bouazza a joué ce role, mais très provisoirement ».

En revanche, l’annonce de la démission du général Bouazza, et à fortiori de son incarcération, n’est pas d’actualité. Cette information est démentie par plusieurs clichés pr!s ces derniers jours et qui témoignent de la présence du général Ouassimi Bouazza lors d’un conseil de sécurité de l’état major ainsi que pour les funérailles de Gaïd Salah.

Le général Ouassimi Bouazza assistait au dernier conseil de sécurité tenu par l’état major de l’armée algérienne après le décès de Gaïd Salah
Le général Ouassimi Bouazza assiste aux funérailles de Gaïd Salah qui l’avait nommé à la tète du contre espionnage algérien voici quelques mois

Un « intérim » qui dure?

Après les dissensions nées de choix différents durant la campagne présidentielle et accentuées par le décès brutal de Gaïd Salah, le patron par défaut de l’Algérie depuis l’éviction de Bouteflika, l’Etat Major tente de retrouver un semblant d’unité derrière Saïd Chengriha, un militaire éduqué et consensuel devenu le nouveau chef « par intérim ».

L’intérim pourrait durer au sein d’une institution militaire traumatisée par l’incarcération de nombreux gradés et confrontée à la colère populaire. Comment l’armée algérienne pourrait s’offrir dans ces conditions le luxe d’une guerre de succession?

Le tout récent choix avalisé par l’armée d’un Premier ministre d’ouverture, Abdelaziz Djerad, qui s’est prononcé dès le mois d’avril dernier en faveur d’un dialogue avec le Hirak, pourrait augurer d’une phase nouvelle dans le processus démocratique à l’oeuvre.

Voici quelques lueur d’espoir sous le ciel plombé qui est celui de l’Algérie.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)