Algérie, le groupe Suez poussé vers la sortie

Alors que le patron de la société franco algérienne de gestion des eaux à Alger, Karim Hasni, est nommé ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, le groupe Suez, lui, est prié de faire ses valises. 

En décembre dernier, le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, avait annoncé, lors de son passage à « Echorouk TV », que l’Algérie a décidé de ne pas  renouveler le contrat avec le groupe français Suez, chargé de la gestion des eaux notamment à Alger. Ce sera chose faite à la fin du mois d’août.

Seulement voila bien toute la complexité de la gestion gouvernementale en Algérie. Au moment où les coupures d’eau récurrentes dans la capitale algérienne provoquent une montée du mécontentement populaire et où il est mis fin à la concession du groupe Suez, gestionaire de ce service public, le patron algérien de la société mixte chargée de ce contrat depuis 2006 connait une promotion fulgurante. Karis Hasni est nommé ministre des ressources en eau et en prime pour la première fois, de la « sécurité hydraulique ». 

Mauvaise nouvelle pour Paris

Autant de mauvais signaux pour les grands groupes français de l’eau, un des fleurons de l’industrie hexagonale, dans la mesure où Karis Hasni s’est toujours fort mal entendu avec ses partenaires français. Sa promotion écarte définitivement les groupes tricolores de la gestion de l’eau en Algérie, et au delà témoigne de la mauvais image de la France au sein des « décideurs » algériens, du moins ceux qui, comme Karim Hasni, doivent leur carrière à une certaine proximité avec les services de sécurité omniprésents   

 
Previous articleLiban, un sommet international pour rien ou presque
Next articleGuinée, l’opposant Oumar Sylla en grave danger
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

2 COMMENTS

  1. La gestion des eaux a l’algerienne c’est d’abord l’incurie qui prime.Boumediene disait:
     » Du temp des Romains il y avait de l’eau a Tébessa, du temp des Francais il y avait de l’eau a Tebessa du temps des Algeriens il n’y plus d’eau a Tébessa.
    C’est sans doute que le pot de vin de Suez n’etait pas assez genereux.

Comments are closed.