Algérie, l’arrestation brutale d’Hassan Bouras

Le défenseur des droits humains, Hassan Bouras, a été interpellé

Après les intimidations des avocats, des journalistes et des universitaires, la machine répressive monte d’un cran en s’attaquant aux militants des droits de l’homme. C’est ce qui est arrivé au défenseur des droits humains Hassan Bouras. Une arrestation musclée s’est effectuée chez à AL Bayedh, par une unité de la BRI (Brigade de recherche et d’investigation), épaulée par une dizaine d’agents des RG.

assan Bouras est membre éminent de la Ligue algérienne des droits de l’Homme. Il est également journaliste et blogueur et dénonce la corruption et l’usage de la torture en Algérie. Il a recueilli plusieurs témoignages sur l’implication d’éminents généraux de l’armée algérienne dans de graves violations des droits humains perpétrées en Algérie pendant le conflit armé des années 1990 entre l’État et les combattants islamistes.Il y a eu lieu durant cette descente digne d’une armée d’occupation, la confiscation des téléphones mobiles, ordinateurs et des documents appartenant à Hassan Bouras ainsi qu’à sa sœur, militante également.Le militant est connu pour sa persévérance pour avoir été maintes fois arrêté et déféré devant un juge pour être condamné en 2015, 2017, 2018.

Répression toute !

Après la mort brutale en décembre 2019 de Gaïd Salah qui veilla, à coup de purges, sur la transition politique algérienne après le départ forcé du président Bouteflika, son successeur, le général Saïd Chengriha, tenta de s’imposer en jouant la carte du consensus au sein d’une institution militaire secouée par la mise à l’écart de nombreux cadres. Cette époque est révolue. Le général Chengriha est en train de centraliser le pouvoir en s’entourant d’une garde rapprochée qui lui est dévouée corps et âme.   

Lors d’un tout récent déplacement à Oran, le général Saïd Chengriha avait évoqué, lors d’une allocution, un “attachement” entre “le peuple et son armée”. Du classique!

Plus surprenant, le chef d’état major, qui se cantonne généralement au domaine militaire, s’en est pris à “certaines parties haineuses, qui ont toujours du mal à admettre l’émergence d’une Algérie nouvelle et démocratique, forte de par ses institutions, grande de par son armée, attachée à son identité et à ses valeurs nationales, fière de ses coutumes, souveraine dans ses décisions, prospère et stable”. La surprise, la voici: le chef de l’armée, à l’instar de son prédécesseur Gaïd Salah qui a dirigé le pays après le départ du Président Bouteflika, n’hésite plus à apparaitre dans le débat politique pour fustiger « l’ennemi intérieur » qui empêcherait l’émergence d’une « Algérie nouvelle et démocratique ».

Dans un article paru dans l’hebdomadaire français « le Point » et signé par un ancien journaliste d’El Wattan, Arlène Meddi,  dont les relations sont connues avec l’appareil sécuritaire, le plan de bataille du chef des armées est plus explicitement donné. « À Alger, titre le journal, la restructuration du renseignement passe par le recentrage et de nouvelles priorités, notamment « la menace interne ». Le papier fort bien informé explique que la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), « sous l’unique emprise » du général Chengriha, chapeautera l’ensemble des services algériens. Au détriment de la Présidence de la République désormais marginalisée.

Ce qui préoccupe les gradés algériens, poursuit « le Point », c’est « la polarisation identitaire, voire séparatiste » qui prend de l’ampleur, via les réseaux sociaux ». Comprenons les forces islamistes « identitaires » et la contestation kabyle « séparatiste ».  Voici « la menace interne » clairement identifiée

 

  

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