Algérie, l’appel du chaos

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Les principales forces politiques et associatives algériennes appellent, les vendredi 22 et dimanche 24 février, à de grandes manifestations. Avec un risque certain, hélas, de débordements et de violences.

Alors que les réserves de change ont brutalement chuté en cinq ans de 210 à 70 milliards de dollars, l’Algérie se prépare à une crise économique et sociale sans précédent. Au sein des élites intellectuelles et politiques algériennes, personne n’ignore l’ampleur du désastre annoncé.

Face à l’urgence, des convergences naissent entre les leaders démocrates et les chefs de l’islam politique qui ne se parlaient plus. Le week end dernier à Paris au siège de la télévision Marabiya financée par un des fils d’Abassi Medani, ancien patron du Front Islamique du Salut (FIS), les retrouvailles semblaient réelles. Le temps d’un colloque fréquenté par des opposants de tous bords, on a pu avoir le sentiment que les années noires (150000 morts entre 1992 et 1995) étaient révolues. « Tout n’est pas perdu, explique l’un de ces opposants, mais tout risque de l’être, si nous ne trouvons pas la voie d’une réconciliation nationale ».

Loin de ce message d’espoir et sans perspectives politiques sérieuses, à l’exception de la nouvelle candidature surréaliste du président Bouteflika, les jeunes générations algériennes sont descendues massivement dans les rues ces derniers jours. On a vu les manifestants briser les portraits du chef de l’état et dénoncer « les 1000 milliards de dollars », qui se seraient évaporés pendant le règne de Bouteflika. Ce chiffre, à lui seul, résume deux décennies de faillite économique et sociale.

Du coup, les appels se multiplient pour manifester les 22 et 24 janvier, d’abord en Algérie puis en Europe pour exiger la chute du « système ». Non sans risques de violence, compte tenu de la tentation chez certains clans malfaisants de jouer désormais la politique du pire.

« Nous ou le chaos »

Du coté du Palais de Zéralda hanté par le spectre d’un président à bout de forces, on cherche à tout prix à gagner du temps. « Nous ou le chaos », voici le seul programme de Said Bouteflika, le frère du chef de l’Etat, des milliardaires qui l’entourent et de leur janissaire, le général Tartag, le patron des services secrets qui fut coutumier, durant sa carrière mouvementée, des coups tordus et les méthodes expéditives. Lesquelles lui vaudraient, s’il n’était pas protégé, les foudres de la justice internationale.

L’existence de débordements, le vendredi 22 février, à la sortie des mosquées serait du pain béni pour le clan présidentiel. Said et les siens savent que le cinquième mandat n’est pas jouable, alors qu’un Abdelaziz Bouteflika mourant ne peut plus être même présenté en public. Les possibles violences, faciles à orchestrer, leur permettraient de se draper dans ce qui leur reste de légalité, d’agiter le danger islamiste, voire terroriste, et de proclamer l’état de siège.

Il leur faut à tout prix trouver une sortie institutionnelle (prolongation du mandat, vice présidence, Haut Comité d’Etat, type celui de 1992….), qui éviterait la case élection.

La politique du pire

La situation est d’autant plus périlleuse que d’autres forces occultes, regroupant certains réseaux de l’ex DRS du général Toufik ,ont tout intérêt à joue aussi la déstabilisation de l’Etat.

Sans même évoquer le rôle que pourrait jouer, dans un contexte de crise des institutions, le général Ali Ghediri, principal opposant à s’être porté candidat aux Présidentielles d’avril et un possible recours. D’autant que ce gradé semble gagner aujourd’hui de grands soutiens au sein de l’institution militaire souvent mal à l’aise face à la défense du cinquième mandat prônée par un chef d’état major, Gaïd Salah, qui se veut fidèle à Abdelaziz Bouteflika avec qui il a fait alliance depuis 2004.

Face à la montée des périls, le vice ministre de la Défense ne pourra pas rester longtemps inactif. S’il veut maintenir sa position d’arbitre sans lequel rien n’est possible dans la vie politique algérienne, Gaïd Salah pourrait être condamné à agir pour préserve la légalité républicaine. La loyauté qu’il affiche à l’égard d’Abdelaziz Bouteflika, ne saurait lui servir d’assurance vie, si ses adversaires l’emportaient finalement.

Contrairement aux événements d’Octobre 1988 ou à l’accession au pouvoir de Bouteflika en 1999, les divisions au sein de l’institution militaire rendent fragile et inquiétante la transition en cours.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)
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salamo
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salamo

la grosse carte du pouvoir c’est Ali Benhadj on vient de poster la vidéo de son arrestation faite d’une manière brutale pour optimiser sa popularité, reste juste à le lâcher dans la nature pour semer le chaos ( nul ne peut rivaliser avec lui dans le domaine soit dit en passant) et la suite je vous laisse deviner

Kamel
Invité
Kamel

Vous etes un journaliste mediocre … d;ou tenez-vous le certitude qu’il y aura des violences ? pour qui roulez-vous ?

Slogman
Invité
Slogman

Que faire ?
Le désastre est partout dans le monde arabo-amazigho- musulmanavec des élites occupées à vivre des subsides de leurs maîtres , despotes devant le Temps .

Le désastre est tel qu’il faudrait 150 ans au mons pour faire émerger une élite capable d’orienter le sens d’une société dont les valeurs culture -scientifiques se limitent à la chanson et à l’art de la corruption !

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Invité
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Vous n’êtes même pas capable de vous relire et vous voulez être crédible ? Des dates fantaisistes (janvier ?), des messages sous entendus de vieilles mégères, si vous voulez faire de la manip, faites le avec plus de sérieux.

Mohamed djamel
Invité

Vous vous dites démocrates. Vous critiquez à longueur d’année. Mais vous n’avez pas de courage pour publier mes commentaires.

Slogman
Invité
Slogman

L’ Occident et la Russie se lèchent les babines …. !
Ventes d’armes en vue et contrats juteux pour les Droitsde lhommistes !!

L’Histoire de l’Algerie depuis l’independance s’est conjuguée avec amateurisme et trahison de la Révolution !

Cela a commencé avec l’assassinat de Abane Ramdane par des assassins incultes qui ont mené ensuite le pays au désastre programmé !

L’explosion de l’Algerie est proche malgré les dires des perroquets ancestraux du FLN !

Du Front de Libération Nationale au front de Destruction Nationale … voici l’œuvre de Benbella, Boumeduene, Chadli, Bouteflika et de leurs aréopages de Ouyahia, Sellal, Haddad, …. !

L’argent du pétrole s’est évaporé avec le pétrole !

Que faire ?
Une vraie démocratie , le bannissement des prédateurs,,,,, …. ?

Oye, oye ….

ados
Invité

Ce pouvoir algérien et capable de resurgir le fléau du terrorisme islamistes armés pour garder le pouvoir capable de manipuler des islamistes armés commettre des attentats pour garder le pouvoir et imposé état urgence c est voyous voleur corronpue FLN Saïd Bouteflika voleur corronpue qui magouilles avec des affairistes escroc voleur ont volé ruiné des entreprises algerienne ils veulent garder leur privilège intérêt personnel leur bute garder le pouvoir continuer à volé enrichir une dictature bouteflikaine un vieillard Abdelazize bouteflika inapte paraphégique inconconcient incapable de parler de marché de diriger algerie affaiblie intellectuellement déconnecté un voyou agitateur Saïd Bouteflika ursupateur qui à pris le pouvoir dirige algerie et vole avec la complicité de Gaïd Salah soutient incontionelle du vieillard Abdelazize bouteflika peur de voir le peuple algérien ce soulevé contre c est dictature bouteflikaine FLN