Algérie, la répression plus que jamais

Le 18 juin Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association dénonçait l’usage abusif et disproportionné de la force de la part des autorités algériennes à l’encontre de manifestant-e-s pacifiques, y compris l’usage de lacrymogènes.

Fin 2019, à l’approche des élections présidentielles, de nombreux leaders de la société civile et journalistes ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison parfois très lourdes pour avoir participé à ces marches. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé une « vague de répression accrue” et une « stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence ».

Amnesty International a récemment qualifié les charges retenues contre les principaux opposants au régime et membres de la société civile « d’écran de fumée visant à réduire au silence ces défenseurs des droits humains et à étouffer leur action».

Depuis quelques semaines, la répression exercée par les autorités algériennes s’est accentuée. À l’approche des élections législatives du 12 juin notamment, le pouvoir a cherché à taire toutes les voix dissidentes.

Le vendredi 14 mai 2021 la police a arrêté arbitrairement au moins 1000 personnes à l’occasion de la 117e marche du Hirak.

Chaque semaine, des dizaines de militants sont arrêtés par les autorités algériennes, condamnés, placés sous contrôle judiciaire ou mandat de dépôt, plusieurs associations et partis politiques algériens sont sous la menace d’une procédure de dissolution.

D’après de nombreux témoignages, vidéos et articles de presse, la police « anti émeutes » algérienne n’a pas hésité à recourir à la force contre des manifestant-e-s pacifiques et des journalistes. D’après le journal TSA (Tout sur l’Algérie) et l’AFP, dès 2019, les forces de police, en plus des « coups de matraque ou des pierres » jetées sur les manifestants, n’hésitaient pas à tirer de « nombreuses grenades lacrymogènes » sur les manifestants (y compris sur des enfants), blessant un grand nombre d’entre eux. Depuis février 2021, de plus en plus de témoignages ont fait écho de l’utilisation abusive de gaz lacrymogène et de canons à eau dans le but de disperser les manifestant-e-s.

Le 14 mai à Alger, des vidéos ont fait état de la violence de la police. Les 4 et 12 juin 2021, les forces de l’ordre ont violemment réprimé des manifestant-e-s dans plusieurs wilayas. À Bouira, l’utilisation de balles en caoutchouc a entraîné plusieurs dizaines de blessés, dont certains grièvement.

Le 5 mai, le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies a demandé aux autorités algériennes de mettre immédiatement fin aux violences et aux arrestations arbitraires. 

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