Algérie, la possible libération du général Ghediri

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Alors que le président Tebboune est retourné en Allemagne pour être soigné d’un Covid apparemment violent, l’institution militaire recherche un candidat crédible pour succéder à l’actuel chef d’état.

L’hospitalisation en Allemagne du président Tebboune, moins d’un an après son installation à la tête de l’Etat par feu Gaïd Salah, finit par illustrer d’une manière cruelle et caricaturale le blocage institutionnel algérien. Le véritable pouvoir en Algérie incarné parle Haut-commandement militaire placé sous les ordres de Said Chengriha, tente de sortir le régime de l’impasse où il se trouve en tournant la page Tebboune. 

Pour l’instant le grand manitou de l’Armée a été accaparé à resserrer les boulons de l’Institution militaire. Les anciens généraux malmenés par son prédécesseur sont réhabilités les uns après les autres; les rivalités entre généraux pacifiées à coup de promotions. Le général Chengriha a incontestablement marqué des points sur le terrain d’une union sacrée au sein du clan des hauts-gradés militaires.

Il reste à trouver un successeur au président Tebboune

Le général Ghediri, le retour?

Dans les casernes d’Alger, la question de la succession d’Abdelamjid Tebboune est sur toutes les lèvres. Chacun avance un nom, mais tout le monde guette le seul choix qui vaille, celui de l’Armée. Quelle carte va jouer l’actuel chef d’état pajor Chengriha ? Va-t-il choisir une figure du sytème ou un homme d’ouverture ? Faut-il tendre la main aux protestataires du Hirak, ou tourner la page et le dos au mouvement ?

Le sort qui va être réservé, dans les jours qui viennent au général Ghediri, aujourd’hui emprisonné pour des possibles contacts avec des puissances étrangères dont Mondafrique s’était fait l’écho sera un signal fort des rapports de force au sein du pouvoir algérien. Ce militaire qui avait courageusement dénoncé la possibilité d’un cinquième mandat pour l’ex président Bouteflika avait été condamné pour ses liens avec les hommes de l’ex DRS (services algériens) lorsqu’il posa sa candidature à la Présidentielle lors du printemps 2019.  A l’époque, l’homme fort du pouvoir, le défunt chef d’état major Gaïd Salah, avait l’obsession de détruire ce qui fut la puissante police politique du régime depuis l’indépendance.

Le nouveau procés du général Ghediri qui devrait être programmé cette semaine avec à la clé sa possible libération serait la confirmation éclatante, s’il était blanchi, d’un retour en force de l’ancien DRS du général Toufik, lui aussi condamné sous le règne de Gaïd Salah et récemment élargi.

Des scénarios improbables

Dans une telle hypothèse, ce gradé, légitimé grâce à ses positions passées, blanchi de son passé militaire par un séjour en prison et fort de réseaux au sein de la société civile, serait un candidat comestible et par l’institution militaire, et par une partie du Hirak.

D’autres personnalités de poids apparaissent sur les rangs comme l’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali à qui l’institution militaire avait déja fait miroiter de hautes fonctions en 1999. Comme toujours en Algérie, il est difficile de faire des prévisions politiques à plus de vingt quatre heures, tant le régime a toujours été inventif en matières de scénarios politiques improbables .

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)