Algérie, la police réprime brutalement les manifestations

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Le quadrillage des grandes villes algériennes, l’usage intensif de gaz lacrymogènes et l’interpellation de nombreux manifestants expliquent la participation limitée de la population aux manifestations du dimanche 24 février

Les services de sécurité ont empêché de manière très musclée ce dimanche après-midi un rassemblement que le mouvement représntatif de la société civile, « Mouwatana », voulait organiser sur la place Audin, Alger-centre, contre le 5e mandat brigué par Abdelaziz Bouteflika.

Les dirigeants de « Mouwatana » interpellés

Les forces de la police ont dispersé violemment les quelques centaines de manifestants qui ont répondu à l’appel de Mouwatana. Plusieurs leaders et membres de ce mouvement d’opposition ont été interpellés brutalement par la police, a-t-on encore constaté. Zoubida Assoul,  Sofiane Djilial et l’avocat Abdelghani Badi ont été embarqués par les forces de sécurité alors qu’ils avaient tenté de se rassembler pacifiquement.

Par ailleurs, l’entourage du seul candidat d’envergure qui se soit déclaré, Ali Ghediri, affirme que ce dernier aurait été enlevé pendant quelques heures par des militaires qui auraient neutralisé ses gardes du corps. On ne dispose pas, dimanche en fin d’après midi, d’autres précisions sur les conditions de cet enlèvement

L’appel des universités pour mardi

Le pouvoir visiblement tente de reprendre la main après le grand succès des marches de vendredi. Si l’armée en la personne de son chef, Gaïd Salah, a affiché une volonté d’apaisement, la police algérienne, formée et encadrée, ces dernières années, par le général Hamel, constant soutien du clan Bouteflika, semble fidèle aux vieilles méthodes répressives du régime. Autant les forces de l’ordre s’étaient tenues tranquilles vendredi, autant les consignes, aujourd’hui dimanche, privilégient la manière forte. Si certains espéraient ces derniers jours une fraternisation entre les forces sécuritaires et le peuple, un tel scénario n’est plus vraiment d’actualité.

Rebelote mardi. Les étudiants appellent en effet à manifester. La journée du 26 février devrait permettre d’évaluer le rapport de forces qui est en train de se créer à Alger entre les forces restées fidèles au président Bouteflika et celles qui demandent son départ .

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