Algérie, la main tendue d’ex leaders du FIS à l’armée

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Parmi les rares soutiens politiques au scrutin présidentiel du 12 décembre initié par l’institution militaire, figurent des anciens du Front Islamique du Salut (FIS) qui organisèrent des maquis contre les militaires durant la décennie noire (1992-1998)

Etrange Algérie où l’on voit Madani Mezrag, l’ex Emir du l’Armée Islamique du Salut, la branche armée du FIS pendant la décennie noire, appeler les Algériens à participer massivement à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain. Il faut dire que cet ancien chauffeur d’Abassi Madani, alors chef du FIS, était sans doute à l’époque un informateur des services algériens.

Il n’empêche, cet ancien partisan de la manière forte affirme aujourd’hui que les élections présidentielles constituent le chemin le plus fiable pour assurer la sécurité du territoire nationale et le préserver de tous les dangers qui le guettent.

Madani Mezrag, ancien Emir des maquis islamistes, reprend du service en faveur de l’armée

Des islamistes soucieux de « stabilité »

Ces dernières semaines, plusieurs anciens dirigeants du Front islamique du salut (FIS) se sont mobilisés en faveur des présidentielles. En effet, les cadres du parti dissous ont appelé, à travers la « Coalition pour un projet nationaliste », les algériens à s’inscrire sur les listes électorales

Ainsi, Ali Djeddi, ancien responsable du parti dissous FIS, Ahmed Bouadjlane, membre du conseil de la choura (le comité directeur du parti d’Abbassi Madani et d’Ali Belhadj) ainsi que Chikhaoui Ahmed, ancien élu du FIS, ont appelé le peuple algérien à voter en force lors des prochaines élections présidentielles. Ils considèrent que « ces élections sont la seule solution pour éviter au pays les dangers de l’instabilité ».

Les képis alliés aux turbans

De tels ralliements sont-ils l’annonce d’une recomposition profonde du champ politique algérien?.Assistera-t-on, demain, à une alliance des militaries et des religieux? Autant de questions qui se posent alors que certains généraux, privés de base sociale face au Hirak, revendiquent une filiation arabo musulmane.

Récemment encore les militaires algériens ont laissé un micro parti islamiste prendre la présidence de l’Assemblée nationale.

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