Algérie, chute des réserves de change

A l’ombre de la crise financière que connaît le pays depuis au moins 3 ans, les réserves de change s’érodent. Ce matelas financier, accumulé au fil des ans avait atteint le point culminant à 200 milliards de dollars en 2014. Dès cette date, la chute est devenue brutale, 104 milliards aujourd’hui.

Lors d’une intervention en marge des débats en cours au Conseil de la Nation à propos du plan d’action du gouvernement, le ministre des Finances, Abderrehmane Raouiya a indiqué mardi que les réserves de changes vont s’établir à près de 97 milliards de dollars d’ici la fin de l’année en cours.

La chute des réserves de change va entraîner, inévitablement, une dépréciation du dinar par rapport à la monnaie américaine.  Une équation difficile pour le gouvernement qui doit s’attendre dès lors à une inflation qui touchera l’essentiel des produits disponibles sur le marché. « Il n’y aura pas de dévaluation du dinar. Mais avec l’érosion des réserves de change, la valeur de notre monnaie baissera inévitablement », a reconnu Ahmed Ouyahia lors des réponses données aux députés de l’Assemblée populaire nationale jeudi dernier.

Les réserves de change permettent notamment au pays de continuer à importer des produits et services sans faire recours à la dette. Mais cette érosion pourra être atténuée avec la hausse actuelle des prix du pétrole qui frôlent les 60 dollars.

Previous articleLes oligarques algériens (3), Djilali Mehri, le précurseur
Next articleCongo, libérez les militants humanitaires
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)