Algérie, Amar Saadani drague le Maroc

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Amar Saadani, ancien secrétaire général du FLN connu pour sa proximité avec le chef d’état major, Gaïd Salah, critique ouvertement sur le site TSA le Polisario et reconnaît pratiquement que le Sahara est marocain !

L’ancien secrétaire général du FLN, Amar Saadani, connu pour sa proximité avec Gaïd Salah, le chef de l’actuel pouvoir militaire algérien, a crevé un sérieux abcès en clamant haut et fort, dans une interview publiée par le média électronique algérien TSA, que l’Algérie doit cesser de soutenir financièrement le Polisario et devra faire la paix définitivement avec le Maroc. Amar Saadani, connu pour avoir, voici quatre ans, attaqué ouvertement le DRS encore tout puissant, viole aujourd’hui un des dogmes du régime algérien sur le Sahara Occidental.

S’l le fait avec une telle assurance, c’est qu’il est clairement en service commandé pour le compte des amis qu’il compte au sein de l’Etat-Major

L’utile et l’agréable

Alors que l’actuel pouvoir militaire algérien a mauvaise presse chez ses partenaires occidentaux, Amar Saadani utilise la question du Sahara Occidental pour vendre l’image d’un paysage politique algérien apaisé et ouvert. A l’utile et l’agréable. L’actuelle conjoncture politique lui permet de se rendre indispensable auprès des militaires et lui offre également une belle fenêtre de tir. L’emprisonnement récent de Mohamed Djemai, le dernier secrétaire général du FLN, peut lui laisser espérer un retour à la tète du mouvement. Ce qui permettrait à l’ex Parti-Etat, plombé par les années Bouteflika, de se refaire une place à l’ombre du pouvoir militaire.

Amar Saadani est bien placé pour savoir que le prochain président, s’il est élu le 12 décembre lors d’élections contestées, ne sera pas le véritable détenteur du pouvoir. Son objectif est d’avantage les prochaines élections législatives qui lui permettront, espère-t-il, de devenir incontournable dans la composition du futur gouvernement.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)