Bilié-By-Nzé (volet 2), le porte-voix d’Ali Bongo.

Nommé Premier ministre par Ali Bongo le chef de l’exécutif du Gabon le 09 janvier dernier, Alain Claude Bilié-By-Nzé incarne à la fois la volonté d’un Ali Bongo vieillissant et affaibli de tenir fermement la classe politique du Gabon, mais aussi la montée en puissance de l’aile dure de son camp. Mondafrique vous propose en deux volets le portrait d’un homme de pouvoir plein d’ambition et controversé.

Par Jocksy Andrew Ondo-Louemba

En 2012, Ali Bongo qui admire son éloquence, sa résilience et qui est en pleine offensive de communication (notamment via le sport) fait appel à Alain Claude Bilié-By-Nzé et le nomme Conseiller Politique, Porte-parole de la présidence de la République du Gabon.

En 2015, Ali Bongo lui confie le poste de ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement.

Défenseur acharné d’Ali Bongo

Avant les élections présidentielles, Alain Claude Bilié-By-Nzé lance un mouvement politique baptisé « Dynamique plurielle pour Ali Bongo Ondimba » qui « vise à transformer les individualités que nous sommes ou que nous étions en un mouvement puissant, en une unité d’action » selon lui.

Tout au long de la campagne des élections présidentielles d’août 2016, Alain Claude Bilié-By-Nzé défend bec et ongles Ali Bongo. Lors de la crise post-électorale née de la réélection frauduleuse d’Ali Bongo, Alain Claude Bilié-By-Nzé défend Ali Bongo, conteste fermement toutes accusations portées contre lui.

« Nous disons, ça suffit. L’élection présidentielle est terminée. Ceux qui veulent prendre le pays en otage ont eu le champ libre jusqu’ici. Nous allons désormais leur donner la réplique ».

De Libreville à Paris, il se démène pour rétablir l’image d’un Ali Bongo sérieusement écornée par la sanglante répression post-électorale dans le pays. il dira en 2017: « Nous disons que ça suffit. L’élection présidentielle est terminée. Ceux qui veulent prendre le pays en otage ont eu le champ libre jusqu’ici. Nous allons désormais leur donner la réplique ».

À propos de Jean Ping qui se déclare toujours vainqueur de l’élection présidentielle de 2016 au Gabon, Alain Claude Bilié-By-Nzé déclaré à Jeune Afrique : « S’il le faut, nous l’attaquerons en justice pour qu’il apporte la preuve de ses allégations selon lesquelles 250 personnes auraient été tuées pendant les émeutes postélectorales ».

« L’affaire Rose »

Mais Alain Claude Bilié-By-Nzé a été également au cœur d’une affaire de mœurs qui a défrayé la chronique au Gabon. En décembre 2016, un homme d’affaires béninois Noel Kpatchavi porte plainte contre lui en France et au Bénin pour « tentative d’homicide volontaire » et « séquestration » notamment. Cet homme d’affaires va déclarer urbi et orbi qu’il a surpris Alain Claude Bilié-By-Nzé chez lui le 04 décembre 2016 : « j’ai demandé au ministre ce qu’il cherchait, à moitié découvert, chez moi avec mon épouse. Aussitôt, une violente altercation s’est déclenchée entre nous deux. Ensuite il appela au secours son garde du corps. Ce dernier entra, me séquestra et me menace de son arme devant mes enfants d’à peine 5 ans. Il a fini par tenter de tirer sur moi, mais heureusement son arme n’a pas fonctionné. J’ai dû fuir mon domicile, pourchassé par le garde du corps armé »

Imperturbable, Alain Claude Bilié-By-Nzé publie un démenti formel sur ce qui deviendra au sein de l’opinion publique gabonaise « l’affaire Rose »…

La dernière marche ?

En nommant Alain Claude Bilié-By-Nzé Premier ministre du Gabon, Ali Bongo consacre le parcours d’un enfant du peuple qui a su se hisser dans les plus hautes sphères du pouvoir gabonais.

Affaibli malgré toute la propagande d’État qui dit le contraire, Ali Bongo voit sans doute en Alain Claude Bilié-By-Nzé un homme fort qui saura l’aider à tenir son régime sur le plan politique. Le plan militaire étant dévolu à certains membres de sa famille et de son clan.

Nul doute que le choix d’Ali Bongo sera payant. Alain Claude Bilie-By-Nzé déploiera tous les trésors dont il dispose pour l’aider à traverser le cap de l’élection présidentielle qui se tiendra en août 2023 sans que le régime soit ostracisé sur le plan médiatique.

Seul mystère, le choix qu’Alain Claude Bilié-By-Nzé fera et le rôle qu’il jouera dans l’inéluctable « après Ali Bongo »…

Bilié-By-Nzé (1), le nouveau Premier ministre gabonais

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