Un pouvoir mauritanien irresponsable

Le dialogue politique qui vient d'avoir lieu pendant un mois entre le Pouvoir mauritanien et une partie de l'opposition s'est contenté de s'intéresser au changement du drapeau mauritanien et à la modification de l’hymne national plutôt qu'aux grands défis du pays. Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères et ex haut fonctionnaire à la retraite de l’Organisation des Nations Unies (ONU), revient aux véritables préoccupations de ses compatriotes 

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Dans un entretien avec le site d’infos en ligne rmibiladi.com, Ahmedou Ould Abdellah fustige les conclusions du « dialogue national » qui s’est focalisé sur le seul changement des symboles nationaux (hymne et drapeau). «La priorité, aujourd’hui est d’arrêter au plus vite, la spirale suicidaire qui nous entraîne vers une catastrophe» à la fois au niveau national et sous-régional.«Face aux difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens, aux défis sécuritaires qui s’accumulent, aux immenses besoins nationaux, les priorités sont connues», estime l’ex ambassadeur de l’ONU et une des rares voix mauritaniennes à être entendues sur le plan international

Ahmedou Ould Abdallah affirme que «les dépenses doivent être affectées au renforcement des institutions de lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes, à l’éducation technique, à la santé publique, à l’urbanisation de la capitale qui concentre 30% de la population, à la lutte contre la corruption, au soutien à la compétitivité de nos hommes d’affaires en Afrique de l’ouest, au soutien au port de Nouakchott et à la construction d’infrastructures routières vers ces pays pour permettre l’accès à leurs marchés».

Mise en garde

Autant de défis à relever qui font que Ould Abdallah affirme ne pas comprendre «l’incompétence et l’irresponsabilité» des gouvernants mauritaniens  ainsi que l’attitude du président Mohamed ould Abdel Aziz «qui se laisse fourvoyer dans un exercice» aux antipodes des préoccupations de ses compatriotes. Pour lui, «les symboles de l’Etat font partie de son identité à laquelle sont attachés les peuples», et s’ingénier à vouloir les modifier n’est nullement une priorité. Partant, «il faut tout faire pour éviter le ridicule avec des faux débats d’un autre temps. Ceux qui consistent à changer les emblèmes nationaux, les nom de famille, de pays ou le transfert de la capitale, etc.».
Enfin, le sage mauritanien fait un rappel historique qui sonne comme une véritable mise en garde. «On l’a vu avec le Maréchal Mobutu et le colonel Mouammar El Kadhafi, dont les drapeaux n’ont pas survécu leur règne».

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