Afrique, l’aviation privée au secours du transport aérien

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Si le Covid-19 conduit à s’interroger sur l’avenir du transport aérien, les flottes privées constituent une formidable opportunité pour permettre, malgré la pandémie, la poursuite des flux d’affaires.

Jean Valli, patron de la société VallJet « L’aviation privée est par sa réactivité une formidable béquille pour le transport aérien au moment où les grandes compagnies d’aviation sont atteintes de plein fouet par la pandémie »

Et s’il fallait ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, légèrement contaminée en ces temps de pandémie? Et s’il fallait permettre à un flux d’échanges aériens de se poursuivre malgré les menaces qui planent sur l’ensemble des transferts entre le Nord et le Sud de la planète?

Telles sont les arguments de bon sens que font valoir en ces temps de crise les responsables de l’aviation privée. Ainsi le patron de la société VallJet, Jean Valli (voir sa photo ci dessus), qui affrète une vingtaine d’avions de 5 à 50 places, voit dans la crise sanitaire une occasion à saisir. « Nous avons une formidable opportunité d’assurer des voyages indispensables à la vie des affaires et aux visites privées, à condition que nous perdions l’image d’être un simple service pour VIP ».

Vers une baisse des couts

Alors que le transport aérien se restructure et que des milliards d’euros sont alloués à Air France, seule une offre souple et diversifiée permettra de répondre aux défis écologiques et sanitaires. « Quand un de nos petits avions fait escale dans un aéroport, plaide Jean Valli, c’est le mécanicien lui même qui se livre aux contrôles d’usage sans risque de contamination avec les équipes locales ».

Les petits avions peuvent également assurer la maintenance des gros cargos qui continuent en Afrique ou ailleurs à transporter des marchandises, mais souvent coupés de leurs bases logistiques habituelles.

Ensuite des opportunités s’ouvrent également dans le transport de voyageurs. Un aller-retour Paris Casablanca qui se règle 18000 euros pour huit personnes, fait en gros part égale, la souplesse en plus, avec la classe business des longs courriers. La hausse des tarifs qui immanquablement va affecter les vols de voyageurs rend les tarifs de ces transporteurs plus compétitifs, moins contraints qu’ils sont par leur masse salariale. Enfin la chute des prix du pétrole est également un facteur décisif de baisse des couts plus vite répercuté par les petits que par les grands.

Guichets fermés au Quai d’Orsay

Aux lendemains du confinement, des société comme VallJet ont vu leur chiffre d’affaires, se maintenir partiellement, du moins en Afrique où ils ont assuré les rapatriements des nationaux que les grandes compagnies assuraient avec un certain retard et beaucoup d’incertitudes..

Hélas voici deux semaines, ces échanges ont brutalement cessé. Les pays africains se sont érigés en véritables forteresses, interdisant le moindre échange aérien entre leurs pays et le reste du monde, à l’exception de quelques transferts médicaux comme ce fut le cas en fin de semaine dernière pour le Premier ministre ivoirien,

Du coup, la diplomatie française qui traditionnellement accompagnait les petits transporteurs privés dans leurs demandes d’autorisations officielles ont joué à guichets fermés. « La Quai d’Orsay, explique Jean Valli, nous a fait savoir que ce n’était plus la peine de les contacter pour intercéder auprès des autorités africaines qui ne donnent plus de permis ». Ce qui est un tort quand on voit certains vols maintenus entre la France et les grandes capitales européennes, alors que l’Afrique en se fermant totalement se tire une balle dans le pied.

Et Jean Valli de marteler: « il faut « banaliser » l’aviation privée. Small is beautiful !

VALLJET, VINGT AVIONS POUR LES ENTREPRENEURS, PETITS ET GRANDS

La société VALLJET est une compagnie d’aviation d’affaires fondée en 2008 par trois entrepreneurs, située sur l’aéroport de Paris-Le Bourget.Une histoire entre trois propriétaires, qui a très vite évoluée en compagnie aérienne aux coûts maîtrisés, avec une envie de rendre ce moyen de transport accessible à un grand nombre d’entrepreneurs.

25 millions de chiffre d’affaires

Avec une croissance rapide, plus de 25 millions€ de CA en 2019 et une prévision de 40 millions€ pour 2020. Une flotte sous pavillon français de 20 appareils, flotte constituée d’avions construits à au moins 1 000 exemplaires et avec des avions identiques par type pour en maitriser les coûts
mais aussi pour en faciliter les disponibilités.

Une vingtaine d’équipages en transport public sont mobilisées, 25 personnes au sol, gérant la qualité, le bureau d’études et les opérations. Plus un hangar de 3 000 m2 au Bourget où travaille une trentaine de techniciens hautement qualifiés afin d’assurer la maintenance de notre flotte.

VALLJET
Aéroport le Bourget
93350 Le Bourget
Email: gjourdain@valljet.com
Tél: +33 6 73 69 50 15






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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)