A voir sur Netflix, « le garçon qui dompta le vent »

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Disponible sur Netflix, Le  Garçon qui a dompté le vent (« The Boy who Harnessed the Wind »), produit par la BBC anglaise,  est une des belles découvertes de l’offre « hors salles » de ces derniers mois.

Une chronique de Christian Labrande

La beauté des prises de vue , l’usage de dialecte chichewa (une langue bantoue) et le recours à un casting entièrement africain, concourent à créer une forte impression d’immersion dans un ailleurs fascinant.

Le cadre du beau  film de Chitewel Eliofor c’est le Malawi,  petit pays du sud- est africain né de la dissolution de la Rodhésie en 1964.  A  travers le parcours de son héros, William Kamkwamba, le long métrage nous confronte aux principaux problèmes que rencontre le continent africain, les déforestations sauvages , la corruption et la violence des élites politiques, la crise de l’enseignement….

Le  Garçon  qui a dompté le vent (The Boy who Harnessed the Wind) réalisé par Chitewel Eliofor, acteur anglais d’origine africaine- il incarne le rôle du père dans ce film-, est une fidèle adaptation du  récit autobiographique  homonyme de William Kamkwamba (Presse de la Cité 2010). C’est l’histoire d’une jeune garçon qui , révolté par le fatalisme  du milieu dans lequel il évolue, décide de prendre son destin, et celui de son village, en main.  Alors que e jeune William fait preuve d’une grande habilité dans son petit boulot de réparateur de matériels électriques. Alors que sa région est frappée par une implacable sécheresse qui fait suite à une désastreuse inondation, il entreprend ,  avec les moyens du bord un   projet ambitieux : la construction d’une éolienne destinée à réguler l’apport de l’eau des puits de son village.

Un hymne à la culture « matérielle »

Une grande partie du film, passionnante et émouvante est un hymne à la culture matérielle symbolisée par la démarche opiniâtre de William pour construire son grand œuvre. Ses parents ne pouvant payer ses droits d’inscription, William est mis à la porte de son école. Il trouve alors refuge dans la petite bibliothèque de l’établissement scolaire , où, clandestinement,  il compulse des traités d’électronique qui lui permettent de dresser les plans de son invention.

Il collecte avec l’aide de ses amis, dans la décharge municipale,  les éléments épars qui lui permettront de construire sa merveilleuse machine : palles de ventilateur, batterie de voitures, pédalier de motocyclette . …

Reste à dégotter  l’élément clé  qui lui permettra la transformation de l’énergie éolienne en électricité  alimentant sa pompe à eau : la dynamo du vélo paternel. Mais ce vélo est le  fleuron du pauvre foyer familial. C’est l’occasion d’ un conflit où éclate la violence et l’injustice patriarcale.

Parallèlement à ce conflit, le film tisse d’autres récits mettant en lumière la violence de la société malawienne : violence des nervis d’un pouvoir politique corrompu s’exerçant contre le chef du village ; violence contre les femmes à travers le personnage d’Annie, la sœur de Willliam empêchée en dépit de ses dons d’accéder à un parcours universitaire.

Contre vents et marées et porté par la ferveur qu’il suscite dans son groupe d’ amis, William arrive à construire sa machine : c’est un des moments  forts du film de Eliopor, une scène d’un grand lyrisme montrant William perché sur son éolienne et bravant les éléments. Comme le déclare un témoin de cette scène épique « c’est un oiseau qui construit son nid pour protéger les autres ». Miracle, le vent qui dessèche sert à fournir l eau. Devant cette réussite c’est l’ Emotion devant le flux du précieux liquide venant remplir les sillons desséchés de la plantation.

 

Vaincu par l’ingéniosité de  William le père, reconnaissant, serre son fils dans ses bras.

Le réalisateur Chitewel Eliofor, acteur anglais d’origine africaine, incarne le rôle du père dans ce film

Le film s’arrête sur cette séquence mais la trajectoire du petit inventeur de génie ne fait que commencer. En 2010 il est un des récipiendaires du prix Go Ingenuity Award  remis à des inventeurs  promouvant le partage de compétence avec la jeunesse marginalisée des pays développés. Avec l’argent du prix,  William Kankwamba met en place de ateliers pour le jeunes de son village natal, leur apprenant comment fabriquer  éoliennes et  pompes  pour l’eau. La transmission est assurée, la région peut combattre la sécheresse endémique qui la menaceL’histoire de William et de son invention est reprise dans la blogosphère  et provoque l’enthousiasme de plusieurs gérants de fonds de capital risque qui financent ses recherches.  .  Il entame alors  de brillantes études universitaires à Cambridge et Dartmouth.

Sa carrière d’inventeur est lancée, au point que en 2013 le magazine Time le mentionne comme une des 30 personnes de moins de 30 ans « qui changent le monde ». La trajectoire exemplaire de  William sera l’objet d’une multitude d’articles , d’un documentaire  (William and the Windmilll) et de ce beau film que nous ne saurions trop vous recommander  de voir en famille….

Un film de Chiwetel Eliofor. Production BBC.  2019. 113 min. Dist : Netflix, avec : Chitewel Eliofor, Maxwell Simba,Aissa Maiga, Lily Bauda, Joseph Marcell….

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