Un nouveau chef des forces aériennes algériennes pour contrer le Maroc 

Un changement a été effectué à la tête des forces aériennes algériennes ce dimanche 23 février 2025, où le général Roubir Ghouila, un proche du patron de l’armée, le général Chengriha,  vient d’être nommé. Les impératifs géopolitiques face au Maroc qui forcent  l’État Major à hisser ce corps d’élite au niveau des défis régionaux.

À gauche, le nouveau patron de l’armée de l’air, le général Ghouila; au centre, le chef d’état major, le général Chengriha; à droite, le prédécesseur du général Ghouila

Le nouveau patron, le Général Major Zoubir GHOUILA est issu du corps des forces aériennes comme son prédécesseur le Général Major Mahmoud LAARABA. La différence est que le premier, un ancien pilote d’avion de combat qui vient d’être promu est issu de l’opérationnel, tandis que que le second, nettement moins politique, provenait du service mécanique et maintenance.

Un proche du général Chengriha

L’État Major se doit de réagir à un contexte régional marqué par une course à l’armement avec le Maroc dont les relations sont structurellement tendues avec l’Algérie. Les parcours des deux hommes se croisent du fait qu’ils ont réalisé toute leur carrière au sein du même corps, mais les profils sont différents. Si le Général Major LAARABA s’est engagé à l’âge de 17 ans comme mécanicien et a gravité les échelons en interne par des formations dans le pays et à l’étranger. Son successeur, Le général Major GHOUITA a intégré le corps avec une formation universitaire.

Le nouveau chef des forces aériennes est connu d’être très proche du général d’armée Said Chengriha, le patron de l’armée algérienne, qui reste malgré tout l’ultime maitre des nominations délicates. C’est Chengriha qui nomme en 2021 le général Ghouila avec le grade de général major à la tète de la 6ème région militaire, la plus grande région militaire qui possède des frontières avec le Mali et le Niger. Son prédécesseur, le général Mahmoud LAARABA, devait sa carrière  au général d’armée Gaid Salah, qui longtemps le chef d’état major  et surtout l’homme fort du système après le départ de l’ex Président Bouteflika.

Enjeux géopolitiques et course à l’armement 

L’armée algérienne compte maintenir sa supériorité aérienne au Maghreb et sur le plan continental comme l’a mentionné l’institut suédois SIPRI year book 2024 sur l’armement. Ce changement, au sein des forces aériennes algériennes, rentre dans le cadre de géopolitique régionale et de la course à l’armement entre les frères ennemis en Afrique du Nord.

La récente livraison du premier lot des 24 hélicoptères d’attaque Apache A-64E par le les Etats unis au Maroc, entrant dans un programme d’armement 2020-2030, relance la course à l’armement. Le Budget de l’armée royale (8,5 milliards $) est loin de celui de l’ANP algérienne (25,5milliard). Néanmoins, certains puissances (émiratis et Arabie Saoudite) tendent à maintenir un équilibre des forces au Maghreb dominé objectivement par l’armée Algérienne. Le ministère de défense émiratis a proposé à la France, en plus de commande de 80 Rafale F4 en 2021, une cession de ses 30 Mirage 2000-9 pour le Maroc afin de maintenir l’équilibre des forces au Maghreb. Les émiratis étaient prêt à honoré le coût de modernisation des 30 appareils à Dasault Aviation, Thales, MBDA qui s’élève à 490 millions de $.

La récente décision de la Turquie d’installer une usine de construction de son Drone phare le BayratkarTB2 au Maroc a suscité les craintes d’Alger. Le nom d’une société dénommée « Atlas defense » est citée dans le journal officiel Marocain. Elle compte produire des Drones, mais aussi la maintenance et la vente des pièces détachées pour le marché africain, qui est en plein expansion pour l’armement turc. Les forces armée royale (FAR) ont effectué plusieurs manœuvres avec l’armée américaines dans le cadre de « l’opération Africa Lion » renforçant ainsi ses capacités de défense mais aussi d’attaque.

Une longueur d’avance sur le Maroc

L’Algérie partage 3500 km de frontière terrestre avec le Maroc. Une zone de tension permanente depuis l’annexion par le Maroc du Sahara Occidentale 1975, dont elle contrôle 80 % de territoire. L’obtention récente par l’ANP algérienne de 14 appareils Sukhoi Su-57E Felon lui donne une longueur d’avance en puissance et en efficacité dans l’intervention rapide sur l’ensemble des frontières (Maroc, Mauritanie, Mali, Niger, Libye, Tunisie).

C’est dans ce contexte de course à l’armement et de tension géopolitique régionale que la nomination du nouveau chef des force armées aérienne algérienne a eu lieu. Il serait intéressant de suivre l’évolution de la situation dans un monde en mutation permanente.