La Russie reste le principal fournisseur en matériel militaire pour l’Algérie. Cette coopération entamée depuis l’indépendance du pays, se fait de plus en plus discrète contenu des pressions subies par l’administration américaine, Biden comme celle de Trump. Il faut juste se rappeler la pétition remise au président du congrès américain en septembre 2022, initiée par le sénateur de la Floride, Marco Rubio et l’actuel secrétaire d’État aux affaires étrangères, dans le cadre de la loi CAATSA pénalisant les États qui s’approvisionnent auprès de la fédération de Russie. Cette pression est maintenue par l’Establishment américain, en février 2026, le chef du bureau des affaires du proche orient, Robert Palladino avait brandi la menace de sanctions contre Alger dans le cadre de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act).
Alger fait depuis profil bas diminuant ainsi les manœuvres militaires, et les défilés imposants exhibant du matériel récemment acquis. La même discrétion est employée du coté du voisin marocain qui s’inquiète de ce développement rapide des capacités militaires qui changerait le paysage géopolitique de la région. Cependant, le Maroc est conscient de ses limites dans cette course à l’armement et les mutations géopolitiques opérées récemment notamment au Sahel.
Rivalité algéro-marocaine
Ne pouvant suivre la cadence de réarmement imposé par la volonté d’Alger de jouer un rôle régional, le Maroc exploite la loi américaine CAATSA pour freiner les ambitions de son frère ennemi. En publiant un article dans le blog du Times of Israël, le journaliste marocain Amine Ayoub dévoile l’état d’esprit qui règne dans les arcanes de l’état major des FAR (forces armée royales). Il recommande l’application stricte de la loi américaine suggérant « de geler les avoirs de la junte militaire, bloquer l’accès au système financier libellé en dollars et isoler Sonatrach, le géant pétrolier d’État ».
Le programme d’armement des FAR bénéficie des largesses des américains mais aussi des émiratis. Le Government Accountability Office (GAO) a vait remis un rapport détaillé aux différentes commissions du congrès détaillant les pays bénéficiant des aides militaires. «la Grèce, Israël et le Maroc sont les trois partenaires étrangers ayant la valeur la plus élevée d’offres d’articles de défense excédentaires (EDA) et représentent 40% de la valeur totale actuelle des offres autorisées au cours des exercices budgétaires 2020 à 2024, selon notre analyse des données du Departement of defense (DOD)».
Il n y a pas que les State Unis qui a inscrit le Maroc dans son programme d’aides militaires, les Émirats Arabes unis contribue au maintien des rapports de force en Afrique du nord à travers un accord conclue en 2024 à la livraison de 30 avions mirage 2000-9 au Maroc que la guerre avec l’Iran a reporté sin die. De l’autre côté, Israël a réussi à augmenter les ventes d’armes au Maroc depuis la normalisation des relations dans le cadre des accords d’Abraham. Tout récemment, au début de l’année 2026, le Maroc déploie le système de défense anti aérienne et anti missile sur ses frontières ouest du Royaume. Depuis l’accord signé en 2022 entrant dans le cadre de coopération militaire, les deux pays ouvre une nouvelle étape de modernisation de l’architecture de défense.
Coté algérien, bien qu’elle ne dispose d’aucune aide extérieure dans sa politique de modernisation de son armement, l’Algérie compte sur ses ressources intérieures. Selon le SIPRI (institut international de recherche sur la paix) de Stockholm, l’Algérie a importé plus de 73 % de son armement de Russie entre 2018 et 2022. Depuis, elle procède à diversifier de fournisseur sous l’effet de la conjoncture de la guerre en Ukraine et les pressions américaines sans pour autant que son budget militaire ne soit affecté.
En 2011, le pays affiche le plus gros budget de défense en Afrique à hauteur de 6,5 milliards d’euros. Depuis, il est en constante augmentation, en 2023 il atteint les 22 milliards, et en 2026 il plafonne au 25 milliards. Cela peut se justifier par la sécurité de ses frontières avec 7 pays. Le Maroc dont les frontières sont fermées, le Sahel affecté par le terrorisme (Mali, Niger), Libye en perpétuelle instabilité. L’impératif sécuritaire n’est le seul argument justifiant cette augmentation, il y a aussi l’ambition de l’armée algérien de jouer un rôle régional pour un deuxième pays d’Afrique en superficie.
167 vols cargos militaires ont effectué la entre la Russie et l’Algérie
Se basant sur une enquête, le site défense news révèle qu’au moins 167 vols ont été réalisé par une flotte militaire russe vers l’Algérie entre mars 2025 et avril 2026. Ce déploiement massif traduit le niveau d’activité militaire le plus élevé âpres celui opérer en Ukraine. Ces vols ont tous décollé à partir des aérodromes liés à la UAC (United Aicraft Corporation) appartenant au constructeur de d’avions de combat de l’État Russe. Alger a déjà reçu une partie de la commande du chasseur furtif de cinquième génération Su-57 et du Su-35.
Depuis l’indépendance, l’armée algérienne s’est construite sur une doctrine défensive. En acquérant les avions suscités de la cinquième génération, ajoutant à sa flottille « les 60 chasseurs multi rôles Su-30 et une quarantaine de chasseurs de supériorité aérienne Mig-29 », l’Algérie s’approprie une domination aérienne incontestée et renforce sa position de la deuxième armée d’Afrique.
Robotisation des usines des avions de combat Russe de 5ème génération
La robotisation de la fabrication de l’avion de combat furtif Su-57 dans l’usine aéronautique
Uri Gagarine KnAAZ
La Russie aspire a se positionner sur le marché d’armement futur. Face à une Chine qui a conquit le marché des avions combat de 5ème génération avec son Chengdu J 20. L’USAF a réceptionné son 500ème avion furtif F35 et plus de 180 F-22, la Chine dispose de 300 Chengdu J20. La version la plus perfectionnée du SU-57 Russe sera livrée à l’armée au nombre de 100 qu’au début 2027. Le ministère Russe de la défense confirme que la société d’État Rostec a reçu des commandes sans préciser les acheteurs.
Afin de rattraper le retard dans la production et satisfaire les futures commandes, la Russie opte pour la robotisation doté d’intelligence artificielle pour accélérer la production du son avion 5ème génération le Su-57. Evolution dans un environnement de sanctions internationales et de pressions sur les nouveaux acheteurs, sans compter du manque de la main d’œuvre dans le domaine. La robotisation marque un tournant dans l’industrie de défense en Russie. C’est RTK le complexe technologique robotique automatisé dont le concept a été élaboré à l’université technique nationale de recherche d’Irkoutsk. Le système fonctionne comme un « technologue numérique » capable de générer de manière autonome des processus de fabrication à partir de modèles 3D et de mesures en temps réel.
Au rythme de l’année dernière, la cadence de fabrication était d’une dizaine d’appareils. Le carnet de commande affiche complet jusqu’à 2030 et la Russie ambitionne de livrer 76 appareils en 2028. L’Algérie n’a reçu cette année que 2 avions de combat Su-57 pourtant la contrat a été signé avec Moscou en 2021 et on parle du retard pour le reste des appareils.

