Centrafrique : Dologuélé dénonce un “hold‑up électoral”

Au surlendemain du scrutin du 28 décembre 2025, la scène politique centrafricaine s’embrase. Lors d’une conférence de presse organisée le 2 janvier 2026 à Bangui, Anicet‑Georges Dologuélé, candidat à la présidentielle et leader de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), a affirmé avoir remporté l’élection avant de dénoncer de graves irrégularités dans le processus de compilation des résultats.
 
La rédaction de Mondafrique 
 
Entouré de ses alliés politiques, Dologuélé a accusé les autorités en place d’orchestrer une “manipulation systématique” des chiffres en faveur du candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU). Selon les relevés de son équipe, le MCU aurait subi une défaite dans 17 des 20 préfectures et un net recul à Bangui — une configuration électorale que le candidat estime refléter “la véritable volonté du peuple centrafricain”.
 
Selon lui, cette tendance défavorable aurait provoqué “une série de manœuvres de fraude coordonnées”, impliquant l’Autorité nationale des élections (ANE) et certaines autorités locales. Il évoque notamment le refus de remise des procès‑verbaux aux représentants de candidats, la falsification présumée de documents dans plusieurs préfectures — de l’Ouham à la Lim Pendé — et même des manipulations supposément menées dans la résidence d’un “personnage influent”.

« La vérité des urnes »

 
Face à la presse, Dologuélé a mis en garde contre toute tentative de transformer “une défaite politique en victoire administrative”. Il souligne que “la légitimité ne se décrète pas dans les bureaux”, mais s’enracine dans “la vérité des urnes”. L’URCA affirme disposer d’un faisceau de preuves, dont des procès‑verbaux contradictoires, des témoignages et des rapports de terrain attestant d’entraves au dépouillement.
 
Le candidat appelle l’ANE à rendre publics des résultats “bureau par bureau”, en toute transparence, et exhorte le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle de garant de l’intégrité du scrutin. Il invite également la communauté internationale à ne pas se contenter d’observations générales, mais à “examiner la réalité factuelle du vote”.
Pour Dologuélé, le message sorti des urnes est sans ambiguïté : “le 28 décembre, les Centrafricains ont voté pour le changement”. Ce choix, dit‑il, “ne saurait être marchandé ni confisqué”. L’URCA se déclare prête à documenter chaque irrégularité et à saisir l’ensemble des instances compétentes, nationales comme internationales.
 
Dans un contexte historique marqué par la méfiance et l’instabilité politique, le candidat affirme défendre non pas une cause partisane, mais “le fondement même de la souveraineté populaire”. Car, conclut‑il, “protéger le vote du peuple centrafricain, c’est protéger la République elle‑même”.