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Algérie : Ségolène Royal met les pieds dans le plat

Ségolène Royal lors de son intervention à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), le 17 janvier 2026.

Pour sa première sortie publique en tant que nouvelle présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal a choisi de frapper là où ça fait mal, en abordant d’emblée tous les sujets qui fâchent. Un choix assumé, dans la droite ligne de ses illustres prédécesseurs à la tête de l’association.

En héritage

Fondée en 1963, au lendemain de la guerre d’Algérie, l’Association France-Algérie (AFA) a été créée par Edmond Michelet, résistant de la première heure, ministre du général de Gaulle et partisan d’une reconnaissance de l’indépendance algérienne. D’autres figures respectées lui ont succédé, parmi lesquelles Germaine Tillion, Pierre Joxe et Stéphane Hessel. Après Arnaud Montebourg, Ségolène Royal s’inscrit donc dans cette longue lignée et elle n’a pas raté son entrée.

Reconnaître, restituer, pour apaiser

Moins d’un mois après sa nomination, intervenue le 17 janvier lors des Rencontres nationales organisées par l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Ségolène Royal a vivement critiqué l’usage récurrent de la question algérienne comme levier du débat politicien en France. Elle a notamment rejeté l’expression de « rente mémorielle », qu’elle juge à la fois réductrice et offensante à l’égard des souffrances engendrées par la colonisation, adressant au passage des coups de pied de l’âne à l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a, tout au long de son passage place Beauvau, instrumentalisé la question algérienne, ainsi qu’à Emmanuel Macron, qui avait accusé l’Algérie de s’être construite sur une « rente mémorielle ».

La nouvelle présidente de l’AFA a ensuite détaillé les dossiers qu’elle juge incontournables : restitution intégrale des restes humains et des crânes de résistants algériens conservés en France, retour du canon Baba Merzoug exposé à Brest, transparence totale sur les essais nucléaires français menés dans le Sahara, avec déclassification complète des archives et mobilisation scientifique internationale pour la dépollution des sites concernés. Elle a également insisté sur la nécessité d’une reconnaissance claire des violences de la colonisation.

Selon Ségolène Royal, seule cette reconnaissance permettrait de dégager un nouvel espace politique entre Paris et Alger. Mais au regard des relations franco-algériennes, marquées sous les deux quinquennats d’Emmanuel Macron par de multiples crises profondes, le chemin s’annonce long. Très long.

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