Certaines écoles privées dispensaient toujours un double cursus arabe-français, pourtant formellement interdit, grâce à un ministère de l’éducation quelque peu laxiste sur la question. Début septembre les rappels à l’ordre ont retenti, marquant la fin définitive du français à l’école algérienne.
Cela fait bien longtemps, depuis le début des années 80, que l’Algérie s’efforce d’éliminer l’usage du français dans l’éducation, jadis prépondérant. Les politiques d’arabisation ont lentement fait leur travail, obligeant les écoles à dispenser leurs cours en arabe. Certaines écoles privées contournaient cette obligation en offrant un double cursus bilingue, se conformant techniquement à la loi, mais bafouant son esprit. Le ministère de l’éducation nationale a indiqué ce samedi 7 octobre la fin de ce dispositif avec des rappels à l’ordre sévères dans lesquels les établissements étaient menacés de fermeture en cas de non-application des textes. Le ministère a indiqué qu’il se contentait d’exécuter correctement la loi en vigueur sans viser la langue française en particulier, ce après des décennies de tolérance.
Une controverse mineure
Les médias algériens ont déclaré que les écoles concernées avaient reçu leurs avertissements peu avant la rentrée du 19 septembre, individuellement. Sans déclaration officielle ni préavis, celles-ci ont été prises par surprise et ont été obligées de modifier d’urgence leurs programmes. L’affaire a tout de même crée un peu de controverse. Un signe de détérioration des relations entre la France et l’Algérie? Pas forcément. Ce rappel à l’ordre n’est que l’aboutissement de nombreuses années de décolonisation de l’école – et les relations entre les deux pays n’ont jamais réellement été au beau-fixe. Le ministre de l’éducation nationale, Abdelhakim Belaabed, a tout de même ressenti le besoin de se justifier lors d’une conférence de presse, indiquant que cette situation ne concernait qu’une poignée d’établissements qui dispensaient un cursus « non-autorisé », c’est-à-dire les écoles disposant d’un certificat de l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Étranger (AEFE). Belaabed a présenté l’affaire comme une situation méconnue du ministère qui se serait empressé de la rectifier après s’en être rendu compte. Les écoles auraient été au rendez-vous, la communication se déroulant dans le calme.
Le ministre de la Communication, Mohamed Laagab, a, pour sa part, affirmé que certaines écoles avaient « au cours des précédentes années, profité de la perte d’autorité de l’État pour le berner et enseigner des programmes étrangers ». « Maintenant, l’État retrouve graduellement son autorité et les contraint de travailler d’une manière légale », a-t-il encore dit.
Mateo Gomez

