Le feuilleton de la star du football et de son ex-amoureuse continue de faire les choux gras des Ivoiriens. Venance Konan y revient, avec les derniers épisodes.
Par Venance Konan
Vous souvenez-vous de Liaison fatale, ce film américain réalisé en 1987 par Adrian Lyne, avec Michael Douglas et Glenn Close dans les rôles principaux ? C’était l’histoire de Dan, un avocat d’affaires prospère (Michael Douglas), père de famille heureux, qui a une liaison avec Alex, une éditrice (Glenn Close). Si l’avocat croit en une passade d’un soir, l’éditrice, elle, n’entend pas les choses de cette oreille. Et malgré les tentatives de Dan pour mettre fin à leur relation, il sera confronté à l’acharnement d’Alex qui le harcèlera jusqu’à ce que l’histoire se termine par la mort de cette dernière, tuée par la femme de Dan.
Est-ce une histoire semblable qu’est en train de vivre l’Ivoirien Yaya Touré, un ancien joueur professionnel de football aujourd’hui retiré des stades mais crédité d’une immense fortune ? Nous en avions parlé ici il y a quelques semaines. Résumons-la pour ceux qui n’auraient pas suivi. Il y a quelque temps, Yaya Touré eut une relation qui dura exactement un an avec Anicette Konan, une jeune journaliste de la
Radio Télévision Ivoirienne (RTI) qui chantait la gloire de son seigneur Jésus Christ à ses heures perdues.
Un dédommagement de centaines de millions de francs CFA
Selon la journaliste, qui affirme être très chrétienne et qui est à l’origine de la divulgation de l’histoire, Yaya, qui est musulman, lui aurait proposé d’être sa seconde épouse, puisqu’il était déjà marié. Si la polygamie est interdite en Côte d’Ivoire par la loi, elle est tacitement acceptée par la société ivoirienne et de nombreuses unions polygamiques existent de fait, surtout dans la communauté musulmane. Mais une femme chrétienne seconde épouse d’un musulman ? Oui, certainement, lorsque le musulman est crédité d’une immense fortune comme nous l’avons dit.
Mais malheureusement pour Anicette, elle découvrit que Yaya avait déjà une seconde épouse et qu’elle n’arrivait qu’en troisième position. De plus, selon elle, Yaya lui aurait demandé de lui faire un enfant. Mais curieusement, lorsqu’elle tomba enceinte et lui annonça la bonne nouvelle, il se fâcha et lui ordonna, en la menaçant, de procéder à un avortement. Ce qu’elle fit. Après cela, Yaya rompit définitivement avec elle. Elle s’estima donc trahie et bafouée dans sa dignité de femme, porta plainte devant le tribunal, exigea un dédommagement qui se chiffrait en centaines de millions de francs CFA, mais fut déboutée.
Elle choisit donc d’exposer l’affaire sur la place publique, espérant un soutien des Ivoiriens, surtout des Ivoiriennes. Elle raconta toute l’affaire sur les réseaux sociaux, avec la publication des conversations téléphoniques et par vidéos qu’elle avait eues avec son amant, même les plus torrides, où il était question d’utilisation de cristaux de menthe et d’une invitation à visiter tous ses orifices.
« Femme journaliste bafouée »
Ce fut l’effet inverse qu’elle obtint. Elle récolta un torrent d’insultes et de sarcasmes. On crut donc qu’elle allait se taire à jamais. Que nenni! Elle est allée s’installer en France et ne passe plus un jour sans publier une vidéo pour s’expliquer, accuser Yaya Touré de tous les maux, le menacer, l’insulter, ainsi que tous ceux qui se moquent d’elle sur les réseaux sociaux. Le 3 mars dernier, elle a publié une vidéo dans laquelle elle s’adressait au Secrétaire général des Nations Unies et à Reporters sans Frontières pour demander leur soutien, car, disait-elle, elle est une femme journaliste qui a été bafouée et malmenée par le footballeur. Lorsque le Ramadan commença, elle en publia une autre dans laquelle elle souhaitait un bon mois de jeûne à Yaya Touré, « le père de Ismaël Isaac Yohann », le fils qu’elle aurait dû avoir et que Yaya lui aurait demandé de tuer par un avortement.
Il y a quelques jours, la moutarde a fini par monter au nez de la RTI, son employeur, qui a fini par la licencier pour faute lourde puisqu’elle n’a pas daigné reprendre son travail après l’autorisation d’absence qu’elle avait obtenue pour raison de santé, et malgré toutes les demandes d’explications auxquelles elle n’avait pas répondu. Et c’est Yaya Touré qui s’est pris une nouvelle volée de bois vert d’Anicette,
qui lui impute la responsabilité de son licenciement. Cette fois, elle de sortir l’artillerie lourde, c’est-à-dire de porter l’affaire devant la presse européenne, surtout britannique. Au passage, elle a saisi le président de la République de Côte d’Ivoire afin qu’il jette un regard sur la gestion de la RTI. Parce que lorsqu’une équipe doit aller en reportage à Yamoussoukro par exemple, le directeur général réduit sans
raison le nombre de personnes devant y aller.
« Que s’est-il vraiment passé entre Anicette et Yaya ? »
Dans la dernière vidéo qu’elle a publiée, elle demande pardon à Yaya Touré, sur les conseils selon elle d’un certain Tonton Moussa, et de plusieurs personnes sages, dans un anglais très laborieux. Anicette a-t-elle toujours toutes ses facultés ? Est-elle en train de faire une
dépression ? Qu’attendent ses parents pour lui venir en aide ? Ce sont les principales questions que se posent désormais les Ivoiriens qui ont arrêté de rire d’elle pour la prendre plutôt en pitié. Que s’est-il vraiment passé entre Anicette et Yaya qui, jusqu’ici, a toujours gardé le silence ?
Si l’on en croit les témoignages de personnes qui la connaissent et qui se sont abondamment exprimées, en plus de ses propres déclarations dans ses vidéos, qui montrent un certain goût pour l’argent facile, on peut avancer le scénario suivant. Anicette aurait jeté son dévolu sur Yaya pour sa fortune et aurait enregistré leurs conversations intimes pour pouvoir le faire chanter plus tard. Elle aurait aussi simulé une grossesse dans le même but. D’où la colère de Yaya lorsqu’elle lui a donné la nouvelle. Celui-ci a probablement pris ses distances lorsqu’il a découvert la vraie nature de son amante. Et cette dernière a naïvement cru qu’en publiant leur histoire, en menaçant aussi de publier un livre, elle gagnerait les faveurs du public qui mettrait la pression sur le footballeur. Anicette aurait donc fait beaucoup de calculs sur la fortune de Yaya, et elle voit aujourd’hui tous ses espoirs s’effondrer. Elle est donc littéralement tombée sur la tête et cela fait très mal.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle mésaventure arrive à une célébrité en Côte d’Ivoire. Au début des années 2000, la star du reggae Alpha Blondy eut une affaire qu’il croyait passagère avec une femme policière du nom de Simone Gbahet. Elle le harcela pendant des mois, le suivit à la trace, allant jusqu’à défoncer son portail avec sa voiture et menacer sa femme et sa fille à son domicile. L’affaire, dont un journal de l’époque rendait compte jour après jour, se termina avec la mort, naturelle, de la jeune dame.
Il existe en Côte d’Ivoire une catégorie de femmes que l’on appelle les « tchiza », des courtisanes dont les cibles sont les hommes fortunés, principalement les footballeurs internationaux et les stars de la musique. Si les Ivoiriens se délectent des tribulations d’Anicette, ils n’en sont pas moins philosophes et la leçon qu’ils tirent de cette affaire est que, désormais, chaque homme un peu fortuné ou un peu connu devrait y réfléchir plus d’une fois avant de se livrer aux délices de l’infidélité avec une tchiza, ou du moins, s’assurer qu’elle n’a pas le niveau d’intelligence et de scrupule d’Anicette.
Une triste histoire entre le footballeur, Yaya Touré, et son amoureuse



























