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ONU : la candidature de Macky Sall vouée à l’échec ?

Macky Sall persiste. Malgré l’absence de soutien de l’Union africaine et le refus clair de son propre pays, l’ancien Président sénégalais maintient sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Une obstination qui interroge, tant ses chances apparaissent aujourd’hui quasi nulles.

Une bataille perdue d’avance

La réalité diplomatique est implacable. Il y a d’abord une règle non écrite de rotation géographique. Les trois derniers secrétaires généraux des Nations unies ont été Kofi Annan (Afrique), Ban Ki-moon (Asie) et António Guterres (Europe). Le poste est donc, de facto, promis à l’Amérique latine et aux Caraïbes. La liste des candidats le confirme :
• Rafael Grossi (Argentine), directeur général de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) et premier à s’être déclaré ;
• Michelle Bachelet (Chili), ancienne Présidente, soutenue par plusieurs poids lourds régionaux ;
• Rebeca Grynspan (Costa Rica), ancienne vice-présidente, figure reconnue du système onusien ;
• Virginia Gamba, diplomate argentine, au profil plus technocratique.

Ensuite, Macky Sall part avec un autre handicap majeur : le Sénégal ne soutient pas sa candidature, c’est un refus ferme et catégorique. Dans les usages internationaux, être désavoué par son propre pays est un désavantage presque rédhibitoire pour un candidat.

Revers africain

À cela s’ajoute le revers africain. Vingt États de l’Union africaine ont initialement bloqué un soutien officiel à sa candidature, un nombre suffisant pour faire capoter toute décision en sa faveur. Certes, certains pays, dont le Liberia et l’Égypte, sont ensuite revenus sur leur position. Mais même ramené à 18, le nombre des opposants reste au niveau de blocage. Résultat : l’absence d’unité africaine constitue un sérieux camouflet.

Malgré tout ces obstacles, ses soutiens restent étonnement confiants et défendent une stratégie assumée. Dans Jeune Afrique, un proche affirme : « Si nous n’avions pas eu l’assurance qu’aucun des cinq membres permanents au Conseil de sécurité n’opposerait son veto à la candidature de Macky Sall, nous ne l’aurions pas déposée. » Et d’insister : cette candidature, bien qu’atypique, « ne relève pas d’une lubie».

Autant d’optimisme questionne, quelle en serait la raison ? En coulisses, l’hypothèse d’un soutien d’Emmanuel Macron circule. Reste à savoir si, par les temps qui courent, un tel appui constitue un atout… ou un handicap.