Le 22 mars 2026, une frappe de drone a touché un hôpital à Al-Daein, au Darfour oriental, faisant au moins 64 morts, dont des enfants et des soignants. L’établissement se situe dans une zone contrôlée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023.
Depuis le début du conflit, de nombreux hôpitaux et centres de santé ont été pris pour cible ou endommagés, le plus souvent lors d’attaques attribuées aux RSF, régulièrement accusées de viser des civils et des infrastructures non militaires. Cette fois, plusieurs sources pointent la responsabilité de l’armée régulière, même si celle-ci en conteste la paternité.
Une erreur de ciblage ?
La frappe aurait visé un secteur où se trouvait également un poste de police, à proximité immédiate de l’hôpital. Cette configuration laisse penser à une possible erreur de ciblage plutôt qu’à une attaque délibérée contre une structure médicale, même si les conséquences humaines sont particulièrement lourdes.
Cet épisode illustre aussi une évolution du conflit. L’usage des drones armés, encore récent dans la région, tend à se généraliser. Comme au Mali ou au Burkina Faso, les premières phases de leur utilisation s’accompagnent de frappes controversées et de victimes civiles, souvent liées à un ciblage imparfait.
Au Soudan, le système de santé est déjà en grande partie détruit. Selon les Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé, plus de 200 hôpitaux et centres de santé ont été touchés ou mis hors service depuis avril 2023, privant des millions de personnes d’accès aux soins. Cette frappe s’inscrit dans cette dynamique de destruction progressive des infrastructures médicales, dont les civils paient le prix le plus lourd.




























