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L’Afrique francophone championne de la croissance

Simandou, Guinée.

Pour la douzième année d’affilée, l’Afrique subsaharienne francophone affiche la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026. Analyse d’Ilyes Zouari, qui préside le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).

Il ressort des dernières données publiées par la Banque mondiale dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales que l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé en 2025 les meilleures performances d’Afrique subsaharienne en matière de croissance. Elle a ainsi été le moteur du continent, avec une croissance globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué, comme depuis plusieurs décennies, d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone. Enfin, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone continue à maîtriser son endettement en affichant le niveau le plus faible en Afrique subsaharienne pour la neuvième année d’affilée, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025, creusant l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne à 64,6 %. 

L’UEMOA en tête, avec plus de 6% de croissance

En zone CFA, qui regroupe 13 des 22 pays francophones (y compris la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau), et qui rassemble 55 % de la population de l’Afrique francophone subsaharienne, la croissance a légèrement baissé, de 5,0 % à 4,9 %. Au sein de cette zone, l’espace UEMOA a continué à se distinguer avec une évolution globale de 6,1 %, comme en 2024, confirmant ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent. Pour sa part, l’espace CEMAC, qui compte notamment trois importants producteurs d’hydrocarbures, a de nouveau fait baisser la moyenne globale de la zone CFA, avec un taux de croissance de 2,9 % (contre 3,0 % en 2024).

Quant à la croissance observée en Afrique subsaharienne hors zone CFA, celle-ci s’est élevée à 3,5 %, un taux tiré vers le haut par les pays francophones qui s’y trouvent et qui ont connu une croissance globale de 5,0 %. La partie francophone de l’Afrique de l’Est, qui se situe justement en dehors de la zone CFA, a enregistré une progression globale de son PIB de 3,8 %.

Six des dix plus fortes croissances de 2025 sont celles de pays francophones : la Guinée (première du classement avec un taux de 7,5 %), le Bénin (deuxième, avec un taux de 7,3 %), le Niger, classé en cinquième position (6,5 %) et immédiatement suivi par le Sénégal (6,4 %), la Côte d’Ivoire (6,3 %) et Djibouti (6,0 %). Le premier pays non francophone, l’Éthiopie, arrive en troisième position (7,2 %). Ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles (7,0 % en 2025) sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens.