Téléchargez nos applis
Disponible sur Google Play
Accueil L'image du jour Donald Trump envoie son émissaire en mission de bons offices au Mali

Donald Trump envoie son émissaire en mission de bons offices au Mali

Photo officielle de la rencontre entre Nick Checker et Abdoulaye Diop le 2 février.

Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel.

Nick Checker a été reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rapporté l’agence malienne de presse AMAP. 

À l’issue de la rencontre qui s’est tenue au ministère, il a déclaré être venu « pour discuter avec le gouvernement du Mali ». Il a précisé que les échanges avaient porté sur la lutte contre le terrorisme, le développement économique et la correction des erreurs de l’administration américaine précédente.« Moi je suis venu pour respecter le principe de souveraineté du Mali », a-t-il assuré.

Sécurité et économie

Cette rencontre s’inscrit dans une nouvelle posture de l’administration Trump visant à réengager les relations avec le Mali, après une période de tensions diplomatiques et un recentrage américain sur le respect de la souveraineté des États sahéliens. Elle fait suite aux visites d’autres responsables américains et offres de services diverses, ces derniers mois, accueillies jusqu’ici avec une certaine méfiance par les capitales concernées en butte à une forte hostilité de la France depuis leur prise de distance brutale avec Paris.

Nick Checker effectue ce déplacement pour explorer une nouvelle voie de coopération bilatérale, axée sur la sécurité et l’économie, en consultant également les autorités des pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, précise l’AMAP.

Bien que les trois pays du Sahel central aient fait appel à la Russie pour leur défense et leur sécurité, après la crise ouverte avec la France – leur partenaire militaire précédent dans la guerre contre les groupes djihadistes – Washington semble ne pas renoncer à jouer un rôle, dont les contours précis restent flous.  

L’État islamique pour cible

C’est ainsi que le général John Brennan, commandant adjoint d’Africom, a déclaré que son pays collaborait « toujours avec les armées des juntes au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger », lors d’une interview accordée à l’Agence France Presse le 24 janvier à Abuja. « Nous avons même partagé des informations avec certains d’entre eux pour frapper des cibles terroristes clé », a-t-il ajouté, reconnaissant que la situation était cependant « très différente d’il y a deux ou trois ans ». La date mentionnée par le général correspond à la fermeture, en août 2024, de la base américaine de drones d’Agadez, dans le nord du Niger, à la demande de Niamey.  

« Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique. » Il a ajouté que l’objectif des États-Unis était de renforcer les capacités des partenaires, de leur fournir des renseignements et des équipements « avec moins de restrictions » pour leur permettre d’être plus efficaces.