
Vainqueurs sur leurs terres il y a deux ans, les Éléphants de Côte d’Ivoire vont céder leur couronne, victimes de l’Égypte en course pour retrouver une gloire continentale qui la fuit depuis 2010.
Par Patrick Juillard
La malédiction du tenant du titre a encore frappé : sa victime est, cette année, la Côte d’Ivoire. Arrivés au Maroc avec l’ambition de conserver le trophée gagné chez eux en 2024, les Éléphants et leur équipe rajeunie ont subi la loi de la roublarde Égypte (3-2), samedi, à Agadir. Sous la direction d’Emerse Faé, adjoint promu sélectionneur en pleine compétition et devenu le faiseur de miracles d’Ebimpé, les pachydermes n’ajouteront pas de quatrième étoile sur le maillot national. Deux fois vainqueurs sur les cinq précédentes éditions, les coéquipiers de Franck Kessié ont échoué comme tous leurs prédécesseurs depuis 2010.
Un défi qui s’annonçait tout sauf simple : depuis la fondation de la CAN, en 1957, seules trois équipes ont réussi le « back to back » en conservant leur titre. Ce fut le cas de… l’Égypte en 1957 et 1959 et lors de son triplé historique en 2006-2008-2010, mais aussi du Ghana, sacré en 1963 et 1965, et du Cameroun, en 2000 et 2002. Encore les Ivoiriens ont-ils fait mieux que bien des champions sortants, à commencer par leurs deux prédécesseurs au palmarès : l’Algérie, titrée en 2019 en Égypte et éliminée sèchement dès le premier tour deux ans et demi plus tard au Cameroun, où triompha le Sénégal, sorti en huitièmes de finale par… la Côte d’Ivoire, future championne.
Mohamed Salah, un Pharaon en mission
De là à penser que l’Égypte présente une belle tête de vainqueur, il n’y a qu’un pas. En difficulté depuis le début de la saison dans son club de Liverpool, l’attaquant et capitaine des Pharaons, Mohamed Salah, paraît en mission depuis le début de cette édition 2025, décidé à 33 ans à ne pas laisser passer ce qui apparaît comme sa dernière chance de soulever le trophée tant convoité. Unis comme rarement autour de leur star, les hommes d’Hossam Hassan ne visent rien d’autre qu’un huitième titre continental.
Le sélectionneur aux allures de bonze sous stéroïdes sait faire : vainqueur de trois CAN (1986, 1998 et 2006, face à la Côte d’Ivoire d’un certain Emerse Faé) en tant que joueur, l’ex-attaquant et toujours recordman des buts marqués sous le maillot national avait piqué Salah dès sa prise de fonction au printemps 2024. Pour devenir une authentique « légende » nationale, il lui manquait une CAN, avait en substance dit le nouvel occupant du banc égyptien. Revenu grâce à ses quatre buts à la hauteur de son sélectionneur au classement des joueurs égyptiens les plus prolifiques en phase finale (11 réalisations chacun), Mo Salah est plus que jamais en course pour dépasser son sélectionneur. Et le rejoindre dans la légende. Cela passera d’abord, mercredi, par une revanche contre le Sénégal, qui les priva coup sur coup de la CAN et de la qualification pour le Mondial en 2022.

























