Du Cap à Abidjan, d’Ouidah à Accra, en passant par Johannesburg, Marseille et Montréal, la création africaine s’impose cette semaine sur toutes les scènes. Carnavals urbains, rituels spirituels, concerts engagés, expositions majeures et rendez-vous musicaux internationaux composent une cartographie culturelle vibrante, où mémoire, transmission et modernité dialoguent à l’échelle du continent et de ses diasporas.
Chaque 2 janvier, Cape Town s’embrase au rythme du Kaapse Klopse. Héritier de l’histoire coloniale et de l’esclavage, ce carnaval populaire transforme la ville en scène à ciel ouvert, mêlant mémoire, musique et célébration collective.
Chaque année, le 2 janvier, Cape Town vit un moment à part. Tandis que le monde a déjà tourné la page du Nouvel An, la ville sud-africaine célèbre son « Deuxième Nouvel An », le Tweede Nuwe Jaar. Ce jour-là, les rues s’emplissent de fanfares, de chants et de couleurs éclatantes : c’est le Kaapse Klopse, aussi appelé Cape Town Minstrel Carnival.
Loin d’être un simple défilé folklorique, le Kaapse Klopse est l’un des rituels urbains les plus chargés de sens du pays. Ses racines plongent au XIXᵉ siècle, à l’époque où les esclaves du Cap n’avaient droit qu’à une seule journée de congé par an, le 2 janvier, une fois les célébrations de leurs maîtres terminées. Cette journée devint un espace de liberté provisoire, une parenthèse où la musique, la danse et le travestissement permettaient de reprendre possession de son corps et de sa voix.
Après l’abolition de l’esclavage en 1834, la tradition n’a pas disparu. Elle s’est transformée, transmise de génération en génération, jusqu’à devenir un événement structurant de la culture populaire capetonienne, notamment au sein des communautés dites Coloured et Cape Malay. Aujourd’hui encore, le Kaapse Klopse porte cette mémoire de la contrainte et de l’émancipation, sans jamais verser dans la commémoration figée.
Le jour du carnaval, des milliers de participants, organisés en troupes appelées klopse, défilent dans la ville. Costumes satinés aux couleurs vives, visages parfois maquillés, parapluies décorés, banjos, tambours ghoema et cuivres composent un spectacle aussi joyeux que précis. Chaque troupe prépare pendant des mois ses chorégraphies, ses chants et son esthétique, dans une forme de compétition amicale où se joue l’excellence artistique autant que la fierté communautaire.
Une fête vivante
Le parcours du défilé traverse des quartiers chargés d’histoire comme District Six ou Bo-Kaap, rappelant les déplacements forcés et les fractures urbaines de l’époque de l’apartheid. Mais le Kaapse Klopse ne se vit pas comme une lamentation. Il s’agit au contraire d’une fête tournée vers le présent, où la créativité populaire affirme une identité plurielle, métissée et résolument urbaine.
Musicalement, le carnaval mêle héritages locaux et influences extérieures. On y retrouve des échos des minstrel shows américains du XIXᵉ siècle, réappropriés et transformés, ainsi que des rythmes africains et créoles propres au Cap. Cette hybridation fait du Kaapse Klopse un objet culturel singulier, à la fois profondément local et ouvert sur le monde.
Le public, très nombreux, ne reste jamais simple spectateur. Les trottoirs deviennent des tribunes improvisées, les familles suivent « leur » troupe, les enfants apprennent les chants, et les anciens commentent les performances. La ville entière semble suspendue à ce moment de liesse collective, où l’espace public est réinvesti par ceux qui en ont longtemps été exclus.
Au fil des décennies, le Kaapse Klopse s’est imposé comme un marqueur fort du calendrier culturel sud-africain. Il attire désormais visiteurs et chercheurs, artistes et journalistes, venus observer cette forme rare de carnaval urbain, ni touristique au sens classique, ni muséifiée. Sa force tient précisément à cette tension entre tradition et renouvellement, entre mémoire douloureuse et joie affirmée.
Informations pratiques
Date : 2 janvier 2026
Lieu : Centre-ville de Cape Town (District Six, Bo-Kaap et axes principaux)
Accès : événement public et gratuit
Durée : défilés et animations tout au long de la journée
Asake à Johannesburg, l’afrobeats en pleine puissance (3 janvier)
Le 3 janvier 2026, Asake se produit au Goldrush Dome de Johannesburg. Figure centrale de l’afrobeats nigérian, l’artiste promet un concert à haute énergie, symbole de l’expansion continentale et internationale d’un genre désormais incontournable.
Johannesburg s’impose comme l’un des premiers grands carrefours musicaux de l’année 2026. Le samedi 3 janvier, Asake est attendu au Goldrush Dome pour un concert annoncé comme l’un des temps forts du début de saison. L’événement, présenté par le collectif AfroFuture – Curated By Culture, marque une étape importante dans la trajectoire live de l’artiste nigérian.
En quelques années, Asake s’est imposé comme l’une des figures majeures de l’afrobeats contemporain. Originaire de Lagos, il a développé un style immédiatement reconnaissable, mêlant afrobeats, street pop nigériane, amapiano et influences urbaines globales. Ses morceaux, portés par des refrains accrocheurs et une énergie brute, ont rapidement dépassé les frontières du Nigeria pour conquérir les scènes africaines, européennes et américaines.
Le concert de Johannesburg s’inscrit dans cette dynamique d’expansion. Il s’agit de l’une des premières grandes dates africaines de l’artiste en 2026, et surtout d’un rendez-vous très attendu par le public sud-africain, où l’afrobeats dialogue depuis plusieurs années avec l’amapiano local. Cette rencontre entre scènes musicales africaines fait de Johannesburg un terrain particulièrement fertile pour un artiste comme Asake, dont la musique circule naturellement entre les styles.
Le Goldrush Dome, vaste espace de spectacles situé dans la métropole sud-africaine, offre un cadre à la hauteur de l’événement. Conçu pour accueillir de grandes productions live, le lieu permet une scénographie immersive, combinant son, lumières et écrans géants. L’organisation prévoit une ouverture des portes en fin d’après-midi, laissant place à une montée progressive de l’ambiance avant l’entrée en scène de l’artiste.
Une performance symbole de l’afrobeats globalisé
Sur scène, Asake est réputé pour ses performances intenses, où la danse, la proximité avec le public et la puissance rythmique occupent une place centrale. Ses concerts sont conçus comme des expériences collectives, où les hits sont repris en chœur par une audience jeune, mobile et connectée. À Johannesburg, cette dimension communautaire devrait trouver un écho particulier, dans une ville habituée aux grands rassemblements musicaux.
Au-delà du simple divertissement, ce concert illustre l’état actuel de l’afrobeats : un genre africain devenu global, sans pour autant perdre son ancrage continental. La présence d’Asake en tête d’affiche en Afrique du Sud témoigne de cette circulation fluide entre pays africains, où les artistes ne se contentent plus de viser l’exportation vers l’Occident, mais construisent aussi des réseaux solides à l’échelle du continent.
L’événement est porté par AfroFuture, plateforme culturelle connue pour ses festivals et concerts célébrant les cultures africaines contemporaines. Leur approche privilégie des expériences immersives, mêlant musique, esthétique visuelle et mise en valeur des identités africaines urbaines. Le concert d’Asake s’inscrit pleinement dans cette logique, à la croisée du spectacle musical et de l’affirmation culturelle.
Pour Johannesburg, cette date du 3 janvier s’annonce comme un signal fort : celui d’une année musicale placée sous le signe des circulations africaines, des collaborations transfrontalières et de la reconnaissance accrue des artistes du continent sur leurs propres scènes. Pour Asake, il s’agit d’un nouveau jalon dans une trajectoire déjà fulgurante, confirmant son statut d’artiste incontournable du live afrobeats.
Informations pratiques
Artiste : Asake
Événement : AfroFuture Presents – Curated By Culture | Asake Live
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : ouverture des portes vers 16h00
Lieu : Goldrush Dome, Johannesburg (Afrique du Sud)
Style : afrobeats, street pop, amapiano
Accès : événement 18+
Billetterie : vente en ligne via Quicket
Naftaly à Abidjan, reggae conscient pour ouvrir 2026 (3 janvier)
Le 3 janvier 2026, Naftaly se produit à AZK Live à Abidjan autour de son album Lève-toi et marche. Une soirée de reggae conscient et d’afro-fusion pour ouvrir l’année sur un message d’espoir, de spiritualité et de rassemblement.
Abidjan s’apprête à vibrer au rythme du reggae le samedi 3 janvier 2026. Ce soir-là, Naftaly investit la scène d’AZK Live, lieu emblématique des musiques live à Cocody Blockhauss. Annoncé dès 21h00, le concert s’inscrit comme l’un des premiers rendez-vous musicaux majeurs de l’année en Côte d’Ivoire.
Figure reconnue du reggae ivoirien, Naftaly s’est construit une identité singulière, à la croisée du reggae roots, du hip-hop et des sonorités afro-contemporaines. Surnommé par son public « le Soldat de Jah », l’artiste développe depuis plusieurs années une musique engagée, portée par des textes spirituels, sociaux et introspectifs. Son approche privilégie le message autant que la vibration, dans une relation de proximité assumée avec son audience.
Ce concert du 3 janvier s’articule autour de son album Lève-toi et marche, projet central dans son parcours récent. Composé comme une exhortation à la résilience, le disque invite à dépasser les épreuves individuelles et collectives, à retrouver une force intérieure et à se remettre en mouvement. Sur scène, ces chansons prennent une dimension plus organique, soutenues par l’énergie du live et l’interaction directe avec le public.
Le choix d’AZK Live n’est pas anodin. Réputée pour défendre les musiques conscientes et les artistes afro-caribéens et africains, la salle s’est imposée comme un espace de rencontre entre artistes et publics fidèles. Son format relativement intimiste favorise une atmosphère dense, propice aux concerts où la parole, le rythme et la communion jouent un rôle central. Pour Naftaly, il s’agit moins d’un simple spectacle que d’un moment de partage collectif.
Au-delà de la performance musicale, la soirée est pensée comme une célébration de début d’année. Les messages diffusés par l’artiste et ses partenaires parlent de « vibration », de « lumière » et de « foi », autant de termes qui renvoient à une conception du concert comme expérience globale. Dans un contexte social et économique souvent tendu, ce type de proposition musicale trouve un écho particulier auprès d’un public en quête de sens autant que de divertissement.
Un concert manifeste pour une musique engagée
Sur scène, Naftaly défend une vision du reggae comme musique de conscience et de transmission. Héritier des grandes figures du genre, il l’inscrit dans une réalité ivoirienne contemporaine, nourrie de références locales, de préoccupations sociales et d’une spiritualité assumée. Le concert du 3 janvier promet ainsi un équilibre entre titres récents, morceaux emblématiques de son répertoire et moments d’improvisation propres au live.
La mobilisation autour de l’événement témoigne de l’ancrage de l’artiste dans sa communauté. Les annonces relayées sur les réseaux sociaux insistent sur la présence physique, sur l’importance d’« être là » pour commencer l’année ensemble. Cette dimension communautaire est l’un des traits marquants du parcours de Naftaly, dont la musique se conçoit comme un dialogue permanent avec son public.
À Abidjan, cette soirée s’inscrit également dans une dynamique plus large de valorisation des scènes reggae et afro-conscientes, parfois éclipsées par les musiques plus commerciales. En ouvrant l’année 2026 avec un concert de ce type, Naftaly affirme la place du reggae comme espace de réflexion, de fête et de résistance culturelle.
Le 3 janvier à AZK Live, le public est donc invité à plus qu’un concert : une traversée musicale, spirituelle et collective, portée par une voix qui revendique le droit de dire, de rassembler et d’espérer.
Informations pratiques
Artiste : Naftaly
Événement : Concert live autour de l’album Lève-toi et marche
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : à partir de 21h00
Lieu : AZK Live, Cocody Blockhauss, Abidjan (Côte d’Ivoire)
Style : reggae conscient, afro-fusion
Guinée-Concert à Marseille, la scène guinéenne en fête (3 janvier)
Le 3 janvier 2026, le Molotov à Marseille accueille Guinée-Concert, une soirée portée par la diaspora guinéenne. Afrobeat, reggae, hip-hop et musiques mandingues s’y croisent pour célébrer la vitalité des scènes africaines contemporaines en France.
À Marseille, la nouvelle année s’ouvrira sous le signe des musiques africaines. Le samedi 3 janvier 2026, la salle du Le Molotov accueillera Guinée-Concert, un événement organisé par l’association Familly 224. Pensée comme une grande soirée festive et fédératrice, la manifestation met à l’honneur la création guinéenne et afro-diasporique dans toute sa diversité.
Marseille n’a pas été choisie au hasard. Ville portuaire, carrefour des cultures méditerranéennes et africaines, elle abrite une importante diaspora ouest-africaine. Guinée-Concert s’inscrit dans cette géographie culturelle vivante, en offrant une scène à des artistes qui, pour beaucoup, évoluent entre héritage guinéen et influences urbaines contemporaines. Le Molotov, réputé pour sa programmation ouverte et éclectique, constitue un écrin naturel pour ce type de rendez-vous.
La programmation réunit une quinzaine d’artistes issus de la scène guinéenne et africaine locale. Parmi les noms annoncés figurent Lil Saako, Baar-K, Kissima, Sekouba Kalondji, Weda Faya, Modou Becue, King Seesay ou encore Gawa Zion, accompagnés sur scène par l’OSK Band. Ensemble, ils dessinent un panorama musical allant de l’afrobeat au reggae, du dancehall au hip-hop, sans oublier les sonorités mandingues traditionnelles.
Au-delà de l’accumulation des styles, l’événement revendique une cohérence : celle d’une musique diasporique en mouvement. Les artistes invités partagent souvent une même réalité, faite de circulation entre continents, de métissages sonores et de récits ancrés dans l’expérience migratoire. Guinée-Concert devient ainsi un espace d’expression collective, où la scène sert à la fois de lieu de fête et de reconnaissance.
Transmission culturelle et énergie urbaine
L’ambition de l’association Familly 224 dépasse le simple cadre du concert. En organisant Guinée-Concert, elle entend valoriser la culture guinéenne sous ses formes contemporaines, tout en créant un moment de rassemblement intergénérationnel. Le public attendu mêle membres de la diaspora, amateurs de musiques du monde et curieux désireux de découvrir une scène encore peu médiatisée dans les circuits traditionnels.
Sur scène, la diversité des esthétiques reflète l’évolution des musiques africaines en Europe. Les rythmes traditionnels dialoguent avec les beats électroniques, les textes alternent entre langues africaines, français et anglais, et les performances empruntent autant au concert live qu’à la culture urbaine. Cette hybridation est au cœur du projet, assumée comme une richesse plutôt qu’une dilution des identités.
La durée de l’événement, annoncée de la fin d’après-midi jusqu’au cœur de la nuit, souligne cette volonté de créer un véritable temps fort. Plus qu’une succession de concerts, Guinée-Concert se présente comme une immersion, où la musique devient le vecteur principal du lien social. Dans une ville comme Marseille, marquée par la pluralité de ses appartenances, cette proposition trouve une résonance particulière.
En ouvrant l’année 2026 avec une soirée dédiée aux musiques guinéennes et africaines, Guinée-Concert affirme la place de ces scènes dans le paysage culturel français. Il rappelle aussi que les diasporas ne sont pas seulement des communautés de mémoire, mais des espaces de création active, capables de renouveler les formes musicales et les récits contemporains.
Informations pratiques
Événement : Guinée-Concert
Date : samedi 3 janvier 2026
Horaires : de 18h30 à 02h00
Lieu : Le Molotov, 3 place Paul Cézanne, 13006 Marseille
Programmation : artistes guinéens et africains (afrobeat, reggae, hip-hop, mandingue)
Organisateur : association Familly 224
Tarif indicatif : environ 15 €
Vodun Days à Ouidah, au cœur du vodun béninois (8–10 janvier)
À Ouidah, du 8 au 10 janvier 2026, les Vodun Days célèbrent une spiritualité vivante et un patrimoine culturel majeur du Bénin. Rituels, arts et musique s’y conjuguent pour redonner au vodun sa profondeur historique et symbolique.
Chaque mois de janvier, la ville côtière d’Ouidah devient l’épicentre d’un rendez-vous singulier où spiritualité, création artistique et mémoire collective se rencontrent. Les Vodun Days, organisés du 8 au 10 janvier 2026, s’inscrivent dans une dynamique de réappropriation culturelle visant à montrer le vodun tel qu’il est pratiqué au Bénin : une tradition complexe, structurée et profondément ancrée dans la vie sociale.
Souvent réduit, dans l’imaginaire occidental, à une caricature exotique ou inquiétante, le vodun est pourtant l’un des systèmes spirituels les plus anciens et les plus élaborés d’Afrique de l’Ouest. Reconnu officiellement par l’État béninois depuis 1996, il repose sur une relation étroite entre les humains, les forces de la nature et les ancêtres. Les Vodun Days ont précisément été pensés pour restituer cette richesse, loin des clichés, en donnant à voir la diversité de ses expressions rituelles, artistiques et philosophiques.
Le choix d’Ouidah n’est pas anodin. Ancien port négrier, la ville occupe une place centrale dans l’histoire atlantique et dans la diffusion du vodun vers les Amériques, où il a donné naissance à d’autres formes religieuses et culturelles. Ouidah demeure aujourd’hui l’un de ses hauts lieux, avec des sites emblématiques comme la forêt sacrée de Kpassè ou le Temple des Pythons. Pendant les Vodun Days, ces espaces deviennent des scènes vivantes, traversées par les processions, les danses et les cérémonies.
Au fil des trois journées, la ville se transforme en un vaste théâtre à ciel ouvert. Des sorties rituelles se déploient sur les grandes places et les esplanades, mêlant chants, percussions et danses codifiées. Les figures spectaculaires d’Egungun ou de Zangbeto, aux costumes monumentaux, incarnent à la fois la présence des ancêtres et la puissance symbolique de la communauté. Ces manifestations, ouvertes au public, s’inscrivent dans un cadre précis où le sacré n’est jamais dissocié du collectif.
Rituels, arts et scène contemporaine
Les Vodun Days ne se limitent pas aux cérémonies religieuses. Le festival affirme aussi une ambition artistique forte, en proposant des concerts, des performances et des créations contemporaines inspirées du vodun. Des artistes béninois et internationaux investissent les scènes en plein air, croisant musiques traditionnelles, afro-pop et formes actuelles. Cette programmation contribue à inscrire le vodun dans le présent, comme une source toujours active de création.
Un village festif accueille également artisans, associations culturelles et stands de transmission des savoirs. On y découvre objets rituels, textiles, sculptures et récits liés aux divinités et aux lignées spirituelles. L’enjeu est autant pédagogique que culturel : permettre aux visiteurs, béninois comme étrangers, de comprendre les principes du vodun, ses règles, ses interdits et son rôle dans l’organisation sociale.
Moment central du festival, la grande cérémonie vodun rassemble prêtres, fidèles et dignitaires venus de différentes régions. Elle donne à voir la dimension profondément collective de cette spiritualité, fondée sur l’équilibre entre les forces visibles et invisibles. À la différence d’un spectacle, il s’agit d’un temps rituel authentique, auquel le public est convié dans le respect des pratiques.
Les Vodun Days s’inscrivent enfin dans le prolongement de la Fête du Vodoun, célébrée chaque 10 janvier et jour férié national au Bénin. Ensemble, ces événements participent à une politique culturelle plus large, visant à faire du patrimoine immatériel un levier de reconnaissance internationale et de développement local.
Informations pratiques
Dates : du 8 au 10 janvier 2026
Lieu : Ouidah, Bénin (places publiques, sites sacrés et scènes en plein air)
Accès : manifestations majoritairement ouvertes au public
Afrique Mode à Montréal, la mode africaine en mouvement (jusqu’au 1er février)
Présentée au Musée McCord Stewart jusqu’au 1er février 2026, l’exposition Afrique Mode retrace plus de soixante ans de création vestimentaire africaine. Une plongée ambitieuse dans une scène inventive, politique et résolument contemporaine, loin des clichés folkloriques.
À Montréal, l’hiver n’a jamais semblé aussi vibrant. Jusqu’au 1er février 2026, le Musée McCord Stewart accueille Afrique Mode, une exposition d’envergure consacrée à la mode africaine contemporaine. Pensée comme un récit global, elle replace le vêtement au cœur des dynamiques culturelles, sociales et esthétiques du continent africain et de ses diasporas.
Conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, référence mondiale en matière de design et d’arts décoratifs, l’exposition réunit vêtements, accessoires, photographies, vidéos et archives. Ensemble, ces éléments composent une histoire dense et nuancée, couvrant plus de six décennies de création, des années 1960 à aujourd’hui. Le propos est clair : la mode africaine n’est ni marginale ni périphérique, elle est constitutive de la modernité visuelle mondiale.
Le parcours met en lumière des créateurs issus de plus de vingt pays, des pionniers de l’après-indépendance aux designers les plus influents de la scène actuelle. À travers leurs œuvres, se dessinent des trajectoires marquées par l’émancipation, la circulation des styles et la réappropriation des héritages textiles. Ici, le vêtement devient un manifeste : il dit l’histoire coloniale, la fierté retrouvée, mais aussi l’inscription pleine et entière dans une économie créative globale.
L’exposition refuse toute vision homogène du continent. Elle montre au contraire une pluralité de formes, de silhouettes et de langages : couture sophistiquée, prêt-à-porter engagé, hybridations entre artisanat local et techniques contemporaines. Les tissus traditionnels dialoguent avec des coupes audacieuses, tandis que la photographie et la vidéo rappellent combien la mode est indissociable de la rue, des corps et des usages sociaux.
Une mode entre identité, pouvoir et création contemporaine
Au fil des salles, Afrique Mode explore la dimension politique du vêtement. Dans de nombreux contextes africains, s’habiller n’est jamais neutre : c’est affirmer une identité, négocier une modernité, parfois résister. Certaines pièces évoquent les premières années post-coloniales, où la mode devient un outil de souveraineté culturelle. D’autres racontent les métropoles africaines contemporaines, de Lagos à Johannesburg, où les créateurs inventent de nouveaux récits visuels à partir de références multiples.
La photographie occupe une place centrale dans cette narration. Elle documente les scènes locales, les podiums improvisés, les studios de créateurs, mais aussi la manière dont les vêtements sont portés, détournés, revendiqués. Ces images rappellent que la mode africaine s’est longtemps développée hors des circuits occidentaux traditionnels, avant d’être reconnue par les grandes institutions et les marchés internationaux.
L’exposition insiste également sur les circulations transnationales. Beaucoup de designers africains travaillent entre plusieurs continents, brouillant les frontières entre local et global. Leurs créations interrogent les notions d’authenticité, de luxe et d’appartenance, tout en affirmant une voix singulière. À Montréal, ville marquée par la diversité culturelle, cette dimension résonne particulièrement.
Afrique Mode ne se contente pas de montrer des vêtements : elle propose une lecture critique de l’histoire de la mode. Elle invite le visiteur à reconsidérer les hiérarchies établies, à reconnaître l’influence décisive des créateurs africains sur les esthétiques contemporaines, et à comprendre la mode comme un champ de pensée autant que de création.
Accessible tout au long de la période du début janvier 2026, l’exposition s’impose comme l’un des rendez-vous culturels majeurs de l’hiver montréalais. Elle offre une immersion rare dans une scène en constante mutation, où le passé dialogue avec l’avenir.
Informations pratiques
Exposition : Afrique Mode
Lieu : Musée McCord Stewart, Montréal (Canada)
Dates : jusqu’au 1er février 2026
Accès : exposition ouverte au public, billets et horaires sur le site du musée
À savoir : visites guidées et événements associés ponctuellement programmés autour de la mode et des cultures africaines
AFROSON1C X à Accra, la nouvelle scène ouest-africaine (10 janvier)
Le 10 janvier 2026, Accra accueille AFROSON1C X, un rendez-vous musical immersif mêlant concerts, showcases et rencontres professionnelles. Pensé comme une plateforme de découverte et de circulation des talents africains, l’événement confirme la place centrale du Ghana sur la carte musicale du continent.
Accra poursuit son affirmation comme capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Le 10 janvier 2026, la ville ghanéenne accueille AFROSON1C X, un événement qui se distingue par son format hybride, à la frontière du concert, du festival et du forum professionnel. Plus qu’une simple soirée musicale, AFROSON1C X se présente comme une expérience immersive pensée pour révéler la vitalité et la diversité des scènes africaines contemporaines.
Né comme une plateforme de repérage et de mise en réseau, AFROSON1C X s’est progressivement imposé comme un label culturel reconnu, avec des éditions et des apparitions dans plusieurs rendez-vous internationaux dédiés aux musiques actuelles. Son retour à Accra, au cœur de l’écosystème créatif ouest-africain, marque une étape stratégique. La capitale ghanéenne, déjà connue pour ses festivals et son dynamisme artistique, offre un terrain idéal à ce type de manifestation.
Le choix du Treehouse Restaurant, lieu à la fois convivial et ancré dans la scène culturelle locale, traduit la volonté des organisateurs de privilégier une proximité entre artistes, public et professionnels. Loin des grandes arènes impersonnelles, AFROSON1C X mise sur l’intensité de l’expérience et la circulation des échanges.
La programmation 2026 s’annonce résolument tournée vers l’Afrique de l’Ouest. En tête d’affiche, le duo nigérian The Cavemen, connu pour sa relecture contemporaine du highlife, incarne parfaitement l’esprit de l’événement : un dialogue constant entre héritage musical et écriture actuelle. Autour d’eux, une sélection d’artistes émergents et confirmés se succèdent en showcase, offrant un panorama des nouvelles esthétiques afro-urbaines, soul, alternative et traditionnelles revisitées.
Une plateforme multiple
AFROSON1C X ne se limite pas à la scène. L’un de ses objectifs centraux est de créer des ponts entre artistes africains et acteurs de l’industrie musicale mondiale. Labels, programmateurs, managers et médias sont invités à assister aux performances, mais aussi à participer à des moments d’échange plus formels. Cette dimension professionnelle fait de l’événement un véritable accélérateur de carrières, particulièrement pour les artistes émergents.
La présence de délégués internationaux confirme l’ambition du projet : inscrire la création africaine dans des réseaux de diffusion globaux, sans l’extraire de ses contextes culturels. AFROSON1C X défend ainsi une vision de la mondialisation musicale fondée sur l’équilibre, où les artistes africains ne sont pas des produits d’exportation, mais des acteurs à part entière de l’industrie.
Sur le plan artistique, le festival revendique un ancrage fort dans les cultures locales. Les performances font dialoguer langues, rythmes et références, rappelant que la modernité musicale africaine se construit autant à partir de la tradition que des influences contemporaines. Cette approche séduit un public jeune, urbain et connecté, mais aussi des auditeurs plus curieux, en quête de nouvelles propositions sonores.
En se tenant juste après la période très dense du début janvier, AFROSON1C X prolonge l’effervescence culturelle qui anime Accra à cette période de l’année. Il offre une transition naturelle entre les grandes célébrations populaires et un temps plus ciblé, dédié à la découverte et à l’écoute attentive. Pour la ville, l’événement contribue à renforcer son image de hub culturel régional ; pour les artistes, il représente une scène stratégique ; pour le public, une immersion dans ce que la musique africaine produit de plus vivant aujourd’hui.
AFROSON1C X s’impose ainsi comme un rendez-vous clé pour comprendre les mutations actuelles des musiques africaines, entre enracinement local et circulation mondiale.
Informations pratiques
Événement : AFROSON1C X
Date : 10 janvier 2026
Lieu : Treehouse Restaurant, Accra (Ghana)
Format : performances live, showcases d’artistes, rencontres professionnelles
Tête d’affiche : The Cavemen














































