Malgré le rapport annuel d’évaluation de la menace, publié le 25 mars par les services de renseignement américains, qui conclut que l’Iran ne développe pas actuellement d’arme nucléaire malgré l’accumulation d’uranium enrichi à 60 %, les tensions entre Washington et Téhéran restent considérables.
Le 8 mars, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a rejeté l’appel du président américain à reprendre les négociations sur le nucléaire, affirmant que « certains gouvernements tyranniques » ne cherchent pas à « résoudre les problèmes », mais à « imposer » des exigences inacceptables pour l’Iran.
Si aucun accord nucléaire n’est trouvé dans les mois à venir, une frappe américaine sur l’Iran ne saurait être exclue.
Le cancer de Khamenei
Bien que Khamenei ait prononcé en 2003 une fatwa interdisant le développement de la bombe atomique, son état de santé préoccupant – il approche les 86 ans et est atteint d’un cancer – pourrait fragiliser la situation actuelle. En cas de décès du guide suprême, son successeur pourrait relancer le programme nucléaire militaire iranien, ce qui inciterait les États-Unis à adopter une posture plus agressive. Washington pourrait alors soutenir Israël ou participer activement à une attaque préventive contre les infrastructures nucléaires iraniennes, une option déjà envisagée par le Premier ministre israélien en octobre dernier.
Les États-Unis semblent donc se préparer à une éventuelle confrontation avec l’Iran en réduisant progressivement les capacités militaires de ses alliés régionaux. L’objectif serait d’éliminer, un à un, les forces armées soutenues par Téhéran afin de s’assurer une liberté d’action totale en cas d’intervention directe contre la République islamique.
Le Hezbollah, pilier de l’Axe de la Résistance, a déjà subi de lourdes pertes dans sa guerre contre Israël. De son côté, Washington exerce des pressions sur le gouvernement irakien pour démilitariser les PMF et les intégrer aux forces gouvernementales, ce qui affaiblirait considérablement leur autonomie et leur capacité de nuisance en cas de conflit. Les Houthis constituent aujourd’hui le dernier obstacle. Possédant l’arsenal militaire le plus important parmi les alliés régionaux de l’Iran – en grande partie grâce aux livraisons d’armes en provenance de Moscou –, ils représentent une menace non négligeable pour les intérêts américains et israéliens. En les neutralisant, Washington s’assurerait un corridor militaire dégagé et limiterait la capacité de riposte de l’Iran en cas d’escalade.