Avec la nouvelle constitution, l’immobilisme est définitivement en marche en Algérie

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Le cercle présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika n’exprime nullement en public sa déception pour ne pas reconnaître une cuisante défaite. La nouvelle constitution dévoilée la semaine dernière par Ahmed Ouyahia, conseiller de la présidence algérienne, ne correspond guère aux promesses faites par le chef de l’Etat algérien.

Quatre ans de travail, de conciliabule et de négociations pour aboutir à une nouvelle constitution retouchée légèrement. Dans l’entourage du Président, on impute « cette reculade » à « un contexte politique hostile ». A les entendre, « le cercle présidentiel ne peut plus opérer de grands virages en Algérie sans opérer d’importantes concessions ».

Luttes intestines
Le chef du FLN, l’ancien parti unique resté le premier mouvement au Parlement,, Amar Saâdani fait semblant d’afficher sa satisfaction. Ce qui est normal, vu qu’il a été nommé pour jouer les godillots. Mais, en son for intérieur, ce fidèle serviteur du pouvoir actuel sait très bien que son lobbying a été saboté par les manoeuvres d’un Ahmed Ouyahia au meilleur de sa forme.
Alors que tout le monde le donnait pour mort, l’ancien chef du gouvernement, qui fut le chouchou de plusieurs anciens généraux du DRS mis à la retraite par Bouteflika, a réussi l’improbable : imposer le statu quo à la révision constitutionnelle voulu et désirée depuis longtemps par un Président qui voulait mettre fin à l’absolutisme des militaires en Algérie.
Soutenu par de nombreux officiers à la retraite ou pas, mais toujours influents, Ouyahia a réussi à convaincre Bouteflika de ne pas permettre à une majorité parlementaire de choisir le futur Premier ministre. Et pourtant, c’était l’une des réformes phares voulues par les partisans de Bouteflika, notamment au sein du FLN. Amar Saâdani espérait ainsi contourner le « pouvoir parallèle » des entourages en imposant la désignation du Premier ministre par l’appareil de son parti.
Au grand dam de ses partisans, Bouteflika sera contraint d’abandonner cette option qui aurait pu, tout de même, déverrouiller politiquement l’Algérie en permettant au parlement d’avoir un véritable poids démocratique. Ahmed Ouyahia et son clan savent très bien qu’une telle option signifierait la fin des partis comme le sien, le RND, soutenus par l’appareil militaire.
Le DRS toujours vivant 
En dépit du soutien d’Ahmed Gaïd Salah, chef d’Etat Major et didèle du Président, Abdelaziz Bouteflika et son entourage n’ont pas réussi à constitutionnaliser le rôle de l’armée et des services secrets, le puissant DRS. Toujours aucun contrôle parlementaire n’est exercé sur les dépenses budgétaires de l’institution militaire.
Abdelaziz Bouteflika, très affaibli par de longs mois de maladie et un contexte économique catastrophique, ne pouvait se permettre d’ouvrir un nouveau front avec les militaires.
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