Les vrais faux passeports centrafricains refont surface au Kazakhstan

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Le nouvel épisode du feuilleton concernant l’ ancien oligarque kazakh Moukhtar Abliazov, arrêté le 13 juillet 2013 sur la Côted’Azur, avec l’annulation par le Conseil d’État de son décret d’ extradition, remet en lumière l’ énorme trafic de passeports centrafricains.

Bozizé, le retour

Lors de son arrestation, Abliazov etait en possession d’un passeport diplomatique centrafricain, accordé par le président Bozizé. Le général- président et quelque membres de son clan avait diversifié leurs revenus en vendant, pour quelques milliers d’euros, des centaines de passeports diplomatiques et des milliers de passeports ordinaires.

De nombreux Libanais, des Libyens, des Soudanais, des Sahéliens et des spécialistes douteux de l’import-export avec l’Afrique ont ainsi été pourvus du passeport diplomatique centrafricain.

Un ami de Claude Guéant

Un Français, Laurent Foucher, à été l’un des bénéficiaires de ces faux passeports.  Cet homme d’affaires, actif dans les secteurs des mines, du pétrole et des télécoms en Afrique, est un proche de Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, devenu avocat. Mettant son jet privé à sa disposition, Laurent Foucher l’avait accompagné à Bangui en juin 2013, en compagnie d’entrepreneurs français.

Catherine Samba-Panza, l’ancienne présidente, en avait fait le chef de la mission diplomatique centrafricaine à Genève.A la tête d’une multitude de sociétés, notamment Neil Finances et Services, Neil Petroleum, Neil Telecom, et notamment Neil Consulting SA, domiciliée sur la prestigieuse rue du Mont-Blanc à Genève, Laurent Foucher entretient des relations suivies avec deux dissidents kazakhs. Viktor Khrapounov, l’ancien maire d’Alma-Ata, établi à Genève avec sa famille depuis sa brouille en 2007 avec le président Noursoultan Nazarbaïev. Sa fortune est estimée à près de 300 millions d’euros. Et surtout Moukhtar Ablyazov, ancien ministre de l’Energie, et ancien patron de la banque BTA.

Avec la montée en puissance du terrorisme djihadiste en Europe et les trafics impunis de diamants et d’armes légères venant de Centrafrique, ces vrais-faux passeports dans la nature montrent à quel point la disparition de l’État de droit en Centrafrique menace insidieusement les vrais États, en Afrique et en Europe. Pendant ce temps là, à Bangui la préoccupation est de rassurer les bailleurs en créant des comités ad hoc pour « assurer une bonne absorption  » des financements externes….

Nul doute qu’avec les mêmes dirigeants que sous Bozize , ces crédits seront bien « absorbés ».

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