Le Qatar, cet ami qui nous veut du mal

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La bonne surprise, après l’élection d’un président jeune et sophistiqué comme Emmanuel Macron, sans fil à la patte ni encore de réseaux affairistes aux basques, aurait été qu’il mette fin, lors de la récente crise qui a éclaté entre le Qatar et l’Arabie Saoudite, à un scandale d’État, et qui dure. Ce n’aura pas été le cas, nous avons eu le droit une fois de plus à un communiqué lénifiant des autorités française appelant à une paix des braves entre Frères ennemis du Golfe. Quelle nouvelle occasion ratée!

Comment une nation, la France, qui compte encore parmi les grandes puissances, en est-elle arrivée à trembler quand le Qatar fronce les sourcils ? Un pays si petit qu’une pointe de crayon posée sur une carte suffit à masquer.

Le poids de l’argent

Pour la première fois des temps modernes, un pays de 150 000 habitants se donne l’ambition d’acheter l’univers. Ici, ce n’est pas l’impérialisme d’un état géant, la puissance d’un pays à haute technologie qui sont en cause. Et pas d’avantage la subtile intelligence de dirigeants capables de méduser ou de séduire. L’instrument de conquête du Qatar ne pèse que le poids de l’argent : 210 milliards d’investissements à travers la planète.

Voici la monstrueuse imposture. Et l’on voit alors  l’histoire se dérouler sur fond d’un Islam wahhabite conquérant, celui qui se livre à l’interprétation la plus radicale et la moins éclairée du Coran.Comment ce pays qui n’en est pas un rêve de s’imposer, comme la nouvelle Athènes.

Comment un émir d’inspiration salafiste, capable d’additionner la trahison au mensonge peut, comme dans un jeu vidéo, déclencher ou soutenir à leur guise des guerres civiles dans le monde arabe. Abusant de la volonté de ces peuples assoiffés de liberté pour s’engouffrer dans la brèche, et dérouler la nouvelle chape de plomb du pouvoir religieux.

Comment Al-Jazira n’est plus désormais une chaine de télévision accrochée aux faits, mais une arme de destruction massive de la démocratie.

Comment ce régime ultra autoritaire, sans lois, qui ne tolère rien de la libre parole peut, sous les applaudissements d’élus Français de tous bords, se poser en professeur des droits de l’homme.

La patrie des droits de l’homme qu’aurait pu redevenir la France avec un président affranchi du poids du passé a raté le coche

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