Le Maroc à l’honneur au salon du livre de Paris

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Trente-quatre auteurs marocains seront présents lors du salon du livre de Paris qui a lieu à partir de demain vendredi 24 mars jusqu’au 27 mars : des écrivains invités à refléter « la diversité et le dynamisme de la création littéraire contemporaine du Maroc » aux dires des responsables du salon. Parmi ces auteurs figurent notamment les lauréats au Goncourt Leila Slimani, Tahar Ben Jelloun, Abdellatif Laabi et Fouad Laroui.

Plumes marocaines

Tous ces artistes vont participer aux différentes activités proposées par le salon sur le thème du Maroc.  Ainsi trouvera-t-on à l’intérieur du vaste pavillon marocain, des cafés littéraires, aussi bien que des séances de conversations et débats consacrées à des figures vitales de la littérature marocaine actuelle, ou à l’évocation de grandes plumes disparues. Au menu également une série conséquente de « rencontres entre intellectuels, journalistes, politiques, membres d’associations franco‐marocaines pour débattre des questions portant sur la relation France‐Maroc »,  annonce l’organisation du salon.

Abdellatif, Laâbi, figure tutélaire

Il demeure plus que jamais le martyr devenu héros. Abdellatif Laâbi, poète, romancier, dramaturge, auteur de nombreux essais et aussi de livres pour enfants reste à jamais au Maroc l’ intellectuel qui «  sculpta à la dynamite »  ( et autour d’un collectif d’artistes et de penseurs) la légendaire revue « Souffles ». Tellement explosive aux yeux du pouvoir absolu d’alors qu’il emprisonné, torturé plus de huit années,  entre de 1972 à 1980. Et voici que les éditions du Sirocco publient avec «  Une saison ardente » une histoire et des extraits de «  Souffles ».

Abdellatif Laâbi qui s’exila en France en 1985, et qui fut le tout premier à traduire alors aux Editions le poète palestinien Mahmoud Darwich, a toujours fait preuve d’une inébranlable liberté de ton, d’esprit: entre l’attention à l’intime tout familier, et son inlassable engagement. Récompensé à maintes reprises ( Goncourt de la poésie 2009, Grand Prix de la Francophonie 2009) il observe ces honneurs avec un détachement mêlé d’une perplexité qu’il ne cherche pas à dissimuler: assez critique, précisément, sur tout l’appareil déployé de par le monde pour maintenir l’usage de cette langue française, celle qu’il a toujours manié et utilisé en virtuose.

Mais le Français ne représente plus que 12% des idiomes publiés, où l’on écrit principalement en arabe ( 😯 %) et aussi en amazigh  ( 2%). Depuis presque cinquante ans Abdellatif Laâbi n’a cessé de se battre pour la reconnaissance de toutes les composantes qui font de l’identité marocaine un melting pot singulier. Les langues le fascinent; les littétatures étrangères l’ont tout du long nourri. Comme en une récapitulation de ses combats, de ses coups de coeur, de ses critiques, et de maintes lettres écrites depuis le temps de la prison jusqu’à ces temps ci Laäbi, publie avec «  Petites Lumières » un recueil dense, et sidérant,de tout ce qui l’a animé, et qu’il animé,  avec persévérance. Dans l’inlassable conviction de devoir oeuvrer pour plus de justice, moins de mysoginie, moins de fondamentalismes.

( «  Petites Lumières, Ecrits » Editions de la Différence, 21euros)

 

Voici la liste des 34 auteurs présents à Livre Paris 2017 :

Mohamed Bennis, Lamia Berrada, Berca Bouthaina Azami, Bahaa Trabelsi, Mahi Binebine, Mohamed Nedali, Hassan Nejmi, Mohamed El Achâari, Mohamed Tozy Youssef, Amine Elalamy, Reda Dalil, Abdelfettah Kilito, Mohamed Loakira, Halima Hamdane, Youssef Fadel, Asma Lamrabet, Zakia Daoud, Leila Slimani, Tahar Ben Jelloun, Abdelatif Laabi, Kaoutar Harchi, Kebir Mustapha, Ammi Ali Benmakhlouf, Mohamed Berrada, Rachid Benzine, Abdellah Taïa, Mohamed Hmoudane, Fouad Laroui, Maï‐do Hamisultane Lahlou, Maria Guessous, Zakia Iraqui Sinaceur, Tarik Bakari, Ahmed Assid et Siham Bouhlal.

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