Comment l’Algérie lutte contre le radicalisme religieux

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La lutte contre les mouvements terroristes en Libye, au Sahel et en Afrique sub-saharienne est un enjeu qui engage la survie du régime algérien. Ce denier a édifié une stratégie mêlant initiatives sécuritaires et lutte contre le radicalisme religieux.

Cette stratégie s’appuie d’abord sur le rayonnement culturel de la pratique religieuse officiellement soutenue par le régime. En dépit de la crise financière qui a induit une sévère austérité budgétaire, les autorités algériennes ont maintenu l’organisation de nombreux colloques nationaux et internationaux visant à défendre la vision algérienne de la pratique de l’Islam. Tout a commencé en 2009 avec l’organisation d’un colloque sur « la liberté de culte ».

A l’époque, les autorités algériennes ont senti le vent tourner en faveur d’une idéologie conservatrice. En 2011, 11 autres colloques nationaux et internationaux sont organisés dans le cadre de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique ». L’Algérie s’impose alors comme une plaque-tournante dans la réflexion sur la lutte contre le radicalisme religieux et enchaîne avec le colloque sur l’Islam contre la violence et une conférence intitulée « la fatwa entre règles de la charia (loi islamique) et défis de la mondialisation ». Toutes ces rencontres « ont enregistré une forte participation de la part de différents pays du monde islamique » permettant aux Algériens d’acquérir une véritable expérience de terrain concernant la désormais célèbre « déradicalisation ».

Peu de jeunes algériens chez Daech

Dernière grande réussite en 2012 avec l’organisation du colloque international à Oran sur la 20e session de l’Académie islamique internationale du fiqh avec la participation de plus de 150 personnalités religieuses et scientifiques de différents pays arabes et occidentaux. Désormais, les autorités algériennes n’hésitent pas à vanter les résultats de toutes ces rencontres sur le terrain : le nombre des jeunes algériens qui ont adhéré à Daech est dérisoire par rapport aux tunisiens, marocains, égyptiens et des autres pays arabes.

La mosquée algérienne a joui également de toute l’attention des autorités. La formation des imams a été renforcée, le contrôle des mosquées salafistes nettement amélioré et le ministère des affaires religieuses a été mobilisé pour dispenser des idées éclairées au sein de la société algérienne. Pas moins de 300 femmes imams ont été formées pour être à l’avant-garde de la lutte contre la radicalisation en Algérie. Elles effectuent le même travail que leurs homologues masculins à l’exception de la conduite de la prière, réservée à l’homme dans la religion musulmane. Objectif : sensibiliser les mères de famille pour surveiller l’éducation religieuse de leurs enfants.

En parallèle, une importante opération de communication est lancée par les autorités pour faire de l’ombre au radicalisme religieux diffusé sur les télévisions satellitaires ainsi que les réseaux sociaux. Cette communication s’articule essentiellement autour du colloque du rite malékite » qui entame sa 12e édition et la 5e édition du  Colloque historique sur  » Okba Ibn Nafi » organisé au sud du pays à Biskra. Enfin, la diffusion des idées soufi est encouragée pour limiter l’influence des idées djihadistes. De nombreuses confréries sont soutenues financièrement et plusieurs rencontres et regroupements ont été fortement appuyés par l’Etat algérien à l’image du Colloque sur le Soufisme à Relizane, à l’ouest de l’Algérie, le Colloque sur la Tradition du prophète (QSSL) à Constantine, ainsi que le Colloque sur le Coran à Chlef.

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