Le journaliste Ali Amar: l’art du slalom

Le site Ledesk.ma du journaliste Ali Amar a trouvé avec l’homme d’affaires Ali Belhaj un nouvel actionnaire. Pourtant le journaliste ne l'avait guère ménagé dans le portrait qu'il avait dressé dans le livre corrosif co signé avec Jean Pierre Tuquoi livre « Paris-Marrakech : Luxe, pouvoir et réseaux »

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« Heureux qui comme Ali Amar a su trouver un nouvel actionnaire ». Le lundi 3 juillet, le patron de Pulse Media sarl a été heureux d’apprendre à ses lecteurs que le multi millionnaire Ali Belhaj est devenu le nouvel actionnaire de référence du site Ledesk.ma. L’arrivée de l’actionnaire-sauveur devait intervenir il y a quatre mois déjà, suite à l’entregent actif de la directrice adjointe de 2M, Samira Sitaïl.

Un tas d’or

Selon des sources proches de cette dernière, Ali Belhaj a déboursé près d’un million d’euros pour se porter à 50 % dans le capital Pulse Media Sarl. D’après la même source, cet apport en argent constitue une véritable bouffée d’oxygène pour Ledesk.ma qui avait, comme beaucoup de médias, beaucoup de difficultés à boucler les fins de mois.

D’ailleurs, c’est un Ali Amar aux anges qui a « fêté » le sauvetage de son site lors du festival de Gnawas à Essaouira où il a été « l’invité d’honneur » de la directrice du festival et accessoirement vice-présidente de la Chambre des Conseillers, Neila Tazi.

Luxe, pouvoir et réseaux

Qui est le nouvel actionnaire qui fait tant le bonheur d’Ali Amar? Consultons le livre corrosif co-écrit en 2012 par le patron du Desk avec Jean Pierre Tuquoi, « Paris-Marrakech, Luxe, pouvoir et réseaux ». Il y est question, sans tendresse particulière,  du rôle de son nouvel actionnaire, Ali Belhaj, dans de gros contrats franco-marocains sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il y apparait comme « un homme d’affaires opulent, propriétaire terrien et personnalité de la société civile » qui, à l’époque, avait rejoint le Parti Authenticité et Modernité (PAM), créée au départ par des proches du Palais.

Très connu pour ses amitiés avec certains hommes d’Etat africains anglophones, Ali Belhaj a souvent fait jouer ses connaissances en faveur de certaines causes du royaume. Fondateur du quotidien « Aujourd’hui le Maroc » et du parti « Alliance des Libertés », avalé par le PAM, le richissime homme d’affaires a été rapidement écarté par Ilyas Omari et n’a plus qu’un rôle marginal au sein de ce parti, réputé proche de certains cercles du pouvoir.

L’ aventure médiatique d’Ali Belhaj lui permettra-t-elle, après beaucoup d’échecs, de rebondir sur la scène politique? Espérons le pour lui.

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