La dictature de Guinée équatoriale au Conseil de Sécurité de l’ONU

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A compter du 1er janvier 2018, la Guinée équatoriale dirigée  par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo deviendra membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, pour un mandat de deux années.
Cette dictature familiale, présidée par le même dictateur depuis 1979, s’est encore signalée par des arrestations d’opposants et par les révélations d’une éventuelle tentative de coup d’Etat qui aurait été fomentée dans la nuit du 27 au 28 décembre 2017.
38 ans de rêgne 
Après avoir procédé à l’arrestation de plusieurs dizaines de membres du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation ( CI) quelques jours auparavant, le vieux dictateur (75ans) et le plus ancien chef de l’Etat africain (38 ans de rêgne), a tenté de régulariser cette nouvelle vague d’arrestations par la découverte d’un complot qui aurait été mené par le leader du parti CI, Gabriel Nse Obiang Obono, contre sa personne alors qu’il se trouvait dans sa ville natale de Mongomo, ville frontière avec le Gabon, dans le Rio Muni, partie continentale de la Guinée équatoriale.
Les autorités camerounaises informent, de leur part, qu’une importante saisie d’armes aurait été faite à la frontière avec la Guinée équatoriale et qu’une cinquantaine de Tchadiens et de Centrafricains auraient été arrêtés à cette occasion. Etaient-Ils des mercenaires à la solde d’un général putschiste comme on l’évoque à Malabo ? La question reste posée mais on peut douter d’un éventuel succès de coup d’État dans ce pays qui bénéficie des renseignements israéliens et de la protection sécuritaire marocaine.
Querelles familiales
La Guinée équatoriale est en quelque sorte un émirat pétrolier aux mains d’un clan familial. On connaît les frasques du fils aîné du président et de Constancia Nsue Mangue, Teodoro Obiang Nguema Mangue, vice-président de la République, accusé et condamné, le 27 octobre dernier à Paris, de biens mal acquis, suite aux actions en justice de Sherpa et de Transparency. “Teodorin” devrait succéder à son père, ce qui suscite beaucoup de remous dans la famille. Comme en 1979 quand Teodoro le père mit fin au règne sanguinaire de son oncle Macias Nguema, ce sera plutôt dans le clan familial qu’il faudra rechercher un éventuel putschiste. Les querelles de famille pourraient aussi être alimentées par les trafiquants d’armes qui ont pignon sur rue notamment au Rio Muni, proche par voie terrestre du Cameroun, de la RDC, du Congo Brazzaville et de la Centrafrique. Quant aux narco-trafriquants colombiens et venézueliens, ils ont trouvé en Guinée équatoriale un paisible point de chute, de surcroît de langue espagnole, en Afrique.
La Guinée équatoriale est aussi une terre d’accueil pour les anciens chefs de l’Etat, chassés de leur pays. Le dernier en date est le desposte gambien, Yahya Jammeh, qui, depuis le 21  janvier 2017, gère tranquillement sa fortune depuis  Mongomo où il s’est lancé, en toute quiétude, dans l’agriculture. Il n’y risque rien. La Cour Pénale Internationale n’y est pas compétente. n effet le président Obiang Nguema a pris la précaution de ne pas signer leTraité de Rome l’instituant. Plusieurs dictateurs et grands prédateurs d’Afrique centrale ont un pied à terre de luxe en Guinée Équatoriale.
C’est donc ce pays, où le Parti Démocratique de Guinée équatoriale a réuni 99 % des suffrages aux élections municipales, législatives et sénatoriales du 12 novembre 2017, qui représentera l’Afrique, avec la Côte-d’ivoire, à l’ONU.
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