Centrafrique : le président Touadéra isolé

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Alors que le pays est toujours en proie à de nombreux problèmes sécuritaires et financiers, un véritable bras de fer s’est installé entre les représentants du pouvoir exécutif et législatif.

Depuis plusieurs semaines, les ministres du Gouvernement Sarandji snobent l’Assemblée Nationale et refusent de répondre aux interpellations. De son côté le ministre des Finances, Henri-Marie Dondra, règle ses comptes avec les députés qui ne reçoivent plus d’indemnités depuis 3 mois.

D’influents conseillers 

La tension gagne désormais les relations entre le gouvernement et la Présidence. L’équipe qui entoure le président Faustin-Archange Touadera est de plus en plus contestée par le Parlement et les ministres du gouvernement mis à l’écart par les puissants conseillers de la présidence. Par exemple, le ministre des Affaires étrangères, Charles Doubane, est quasiment consigné à résidence à Bangui, alors que le ministre-conseiller, Stanislas Moussa Kembe, est le véritable responsable des Affaires étrangères. Le ministre-conseiller Jean-Baptiste Koba, chargé des investissements à la Présidence négocie les contrats juteux avec les entreprises étrangères comme la sulfureuse société israélienne Nikuv International Projects pour la numérisation des documents administratifs. Le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) est laissé entre les mains des ministres-conseillers de la Présidence.

Au manettes du pouvoir, le directeur de cabinet du chef de l’État, Firmin Ngrebada, fait désormais de l’ombre au président Touadéra lui même totalement sous l’influence de son excentrique conseiller spécial, Fidèle Gouandjika, ancien ministre de François Bozizé et candidat malheureux à la dernière présidentielle.

Le Premier ministre Simplice Sarandji commence à prendre ombrage de cette situation et ne cache plus son agacement. La tension fut particulièrement palpable lors de la fête du 30 mars qui s’est tenue au stade des 20 000 places en l’honneur du premier anniversaire de l’élection du chef de l’Etat. La réunion, qui se voulait populaire n’a réuni qu’un millier de personnes dont très peu de ministres et de personnalités de premier plan. Évidemment le Président de l’Assemblée nationale était absent.

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