Centrafrique, des diamants dans le placard

Embarrassé par les résultats d'une l'enquête interne sur une filière de délivrance de quelques milliers de visas, le Quai d'Orsay cherche à éteindre l'incendie.

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Si l’affaire n’était pas si dramatique, les arguties du Quai d’Orsay feraient sourire. Rappelons les faits. Charles Malinas, ambassadeur en Centrafrique jusqu’en octobre dernier, a laissé se créer une filière de de visas distribués sans aucun respect des procédures officielles. Des milliers de papiers ont été ainsi distribués notamment pour des musulmans.

Hélas pour les organisateurs de ce trafic, le ministère français de l’Intérieur est tombé sur certains des centrafricains de confession musulmane qui, parvenus en France, se sont radicalisés, comme « Mondafrique » l’avait révélé voici une dizaine de jours. Du coup, une enquête interne du quai d’Orsay a été déclenchée et Charles Molinas, promu entre temps aux hautes fonctions d’ambassadeur à Prague, rappelé à Paris.

La Françafrique encore et toujours 

Autant dire que l’image de la politique de pacification menée en Centrafrique par l’armée française, qui a mobilisé jusqu’à 2400 soldats, est sévèrement entachée. D’autant plus que certaines langues se sont déliées après les premières révélations sur le trafic de visas. Il semblerait bien que le comportement de l’ambassadeur de France, durant le processus électoral, n’aie pas été franchement très neutre. Charles Malinas aurait « poussé » la candidature du président actuel, y compris en fermant les yeux sur certains bourrages d’urnes peu orthodoxes. C’est peu de dire que la cellule Afrique de l’Elysée est restée totalement muette sur ces pratiques d’un autre âge.

Personne au sein des gouvernements socialistes de ces dernières années n’avait donc intérêt à ouvrir la boite à pandore. Trop de curiosité jetterait quelques lueurs troubles sur la permanence d’une « Françafrique » dont on avait annoncé l’enterrement définitif.

Plus proche de la porte que de l’augmentation 

Dans un premier temps, le service de presse du Quai d’Orsay expliquait dans un langage diplomatique qu’il était fréquent qu’un ambassadeur soit rappelé à Paris le temps d’une enquête interne. « Une petite dizaine de cas », précisait le porte parole, se seraient produit ces dernières années. Il est moins courant pourtant que suite à de telles investigations, un diplomate de haut rang soit démis de ses fonctions, placardisé, et qu’un successeur soit trouvé en urgence, comme ce fut le cas mi février pour Monsieur Malinas.

Dans sa dernière livraison, « la lettre du Continent » donne la nouvelle version du Quai d’Orsay. »Une équipe du quai d’Orsay s’est rendue à Bangui pour enquêter après plusieurs notes de l’ambassadeur Christian Bader, successeur de Charles Malinas depuis août 2016. Toutefois, il ne ressort de ces investigations aucune malversation délibérée ». Circulez il n’y a rien à voir.

Autrement dit, il n’y aurait pas le moindre diamant dans les placards du Quai d’Orsay. Il faut comprendre quelques milliers de visas ont été délivrés sans malversation « délibérée ». A l’insu du plein gré du pauvre ambassadeur…..

L’ex ambassadeur de France en Centrafrique au coeur d’un trafic

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