Alger, le lobby français derrière les ennuis d’Ali Haddad 

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Entre la France et une partie des « oligarques » algériens, rien ne va plus. Tout a commencé le 23 septembre dernier. Ali Haddad, le patron des patrons algériens, le porte-parole des oligarques algériens, s’en est violemment pris à la France.  » Vous nous avez abandonnés! Vous ne nous avez pas aidés dans les moments difficiles», a lancé Ali Haddad sur un ton menaçant. C’est la première fois qu’un puissant homme d’affaires algérien part en croisade contre la France et appelle à tisser des coopérations avec de nouveaux partenaires notamment asiatiques et américains.

Halte au « parti de la France »

Le discours est dur, hostile. Ali Haddad, patron des patrons algérien, tacle les entreprises françaises qui ne se sont pas engagées dans un partenariat sérieux avec leurs homologues algériennes. «Halte à la politique économique dans un seul sens de la France envers l’Algérie», tonne encore Haddad.

Au sein de la Chambre de commerce algéro-française, les esprits s’enflamment. Dans les  clubs d’affaires pro français, la panique est générale. Pour les « amis » de la France, la violente offensive d’Ali Haddad est un très mauvais signal. Celles-ci souffrent d’ores et déjà depuis 2015 d’une hostilité permanente exprimée par plusieurs composantes du régime algérien. Qu’il s’agisse du blocage du projet d’investissement  de Peugeot ou du bras de fer opposant Total et Technip à la Sonatrach, les intérèts français étaient déja malmenés. Et l’installation des entreprises françaises n’est guère facilitée contrairement à leurs concurrentes chinoises et turques qui bénéficient d’un meilleur accompagnement.

La France en colère
Pour le lobby français en Algérie, c’en est trop ! Il n’est plus question de se laisser faire, une stratégie se dessine. Des relais influents de lAambassade de France en Algérie sont allés jusqu’à rencontrer des émissaires d’Abdelaziz Bouteflika. Plusieurs rencontres ont été organisées entre des diplomates français et des officiels algériens. Des businessmans participent à cette stratégie en mettant la pression sur l’entourage d’Ali Haddad.
A la veille de la campagne électorale qui s’annonce pour les élections présidentielles françaises, Abdelaziz Bouteflika a senti le danger et refuse de laisser les oligarques détruire l’alliance avec les cercles français en Algérie.
Pas touche à ma diplomatie
Bouteflika pique même une grosse colère et demande à ses conseillers de  rappeler à l’ordre Ali Haddad. Le message du chef de l’Etat est clair:  « La diplomatie, c’est mon territoire et tu n’as plus le droit de traiter ces dossiers auxquels  tu ne comprends absolument rien »
Ali Haddad est contraint de restreindre ses appétits. Lui et ses alliés rêvaient de reprendre les affaires florissantes des entreprises françaises dans le pays: Danone, Renault, Thales ou Bull… Leur plan va échouer. Et Bouteflika envoie ainsi un message de soutien aux partenaires français. Une attitude qui va lui permettre de sauvegarder son influence en France au moment où la France s’apprête à entrer en pleine campagne électorale pour la présidentielle de 2017.
Ali Haddad est resté tout de même à la tête du patronat algérien, le FCE, en se défendant, non sans talent tactique, contre une dangereuse offensive politique.
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